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Agriculture écologique

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Fruits et Légumes Biologiques d'Ici

Le bonheur est dans le « près » !

Fruits et Légumes Biologiques d'Ici

Bananes du Costa Rica, fraises, bleuets et poivrons frais en février... Vous arrive-t-il parfois d’imaginer l’endroit où ces fruits et légumes ont été cultivés ? Produits du terroir ou d’origine exotique ? Comment s’y prend-on pour produire et amener jusqu’à nos tables les fruits et légumes qui colorent désormais les quatre saisons ? Comment vivent les gens et les communautés d’où ils sont issus ? Questions toutes simples qui se révèlent complexes dans un contexte de mondialisation des marchés et d’éloignement sans précédent vis-à-vis la provenance de nos aliments. Suivons les étapes qui ponctuent le parcours de nos fruits et légumes, du champ au ventre, et découvrons les enjeux qui se profilent derrière les étalages des supermarchés...

Nos fruits et légumes dans le champ ?
À l’heure actuelle, la grande majorité des fruits et légumes que nous consommons quotidiennement reçoivent régulièrement des applications d’engrais et de pesticides de synthèse, polluant les cours d’eau, l’air et les sols et compromettant notre santé de nombreuses façons. Contrairement à cette agriculture conventionnelle, l’agriculture biologique montre que ces produits ne sont pas indispensables. De fait, au Québec, environ 170 producteurs cultivent pommes, carottes, haricots, tomates et une foule d’autres fruits et légumes sans utiliser ni OGM, ni engrais, ni pesticides de synthèse. Comment y parviennent-ils ? En travaillant avec la nature et en employant des pratiques alternatives écologiques ! En effet, l’agriculture biologique met en place les conditions favorisant l’équilibre naturel au sein de l’écosystème agricole en améliorant la fertilité et la vitalité du sol et en favorisant la diversité des cultures et des autres formes de vie cohabitant avec elles. Par exemple, des variétés de pommiers résistants à la tavelure (champignon créant de petites taches brunes sur les pommes) sont favorisés dans les vergers biologiques. Devant de telles possibilités, comment expliquer la prédominance de l’agriculture conventionnelle ? Pour tenter de comprendre, examinons de plus près les rouages du système économique et politique dans son ensemble.

Production d’aliments et compétition économique : une union contre nature ?
Au cours du dernier demi-siècle, tant à l’échelle mondiale que québécoise, l’agriculture s’est fondamentalement transformée. En entrant dans la marche de l’industrialisation, elle s’est intensifiée et les programmes d’aide aux agriculteurs les ont poussés à rechercher la maximisation de leur productivité. Ce qui fut à une époque la recherche du progrès est maintenant la course à la compétitivité dans un contexte mondialisé. Cette situation impose aux agriculteurs et aux entreprises agroalimentaires de réduire leurs coûts de production, souvent au détriment de la qualité des aliments, de la santé de l’environnement, de la viabilité des fermes familiales et de la vitalité des économies locales. Cette pression productiviste a contraint les exploitations agricoles à s’intensifier, à se spécialiser et à se concentrer1.

Selon une estimation réalisée à partir d’études provenant d’autres pays, la détérioration des cours d’eau, l’érosion et la présence de résidus de pesticides dans l’environnement, conséquences de cette intensification, engendreraient des dommages économiques entre 200 et 500 millions $ par an au Québec2.

Pour demeurer concurrentielles, les fermes se sont aussi spécialisées ; plutôt que de cultiver une diversité de fruits et légumes pour la consommation locale, chaque ferme puis chaque région s’est tournée vers la culture d’un nombre restreint de productions à grande échelle, destinées à des systèmes de mise en marché requérant de grands volumes, souvent tournés vers l’exportation.

Saviez-vous que?

L’augmentation de la pollution liée au transport des aliments et la diminution de la diversité alimentaire sont des effets directs découlant de la spécialisation. Le transport d’un kiwi de Nouvelle-Zélande génère cinq fois son poids en dioxyde de carbone (CO2). Aux États-Unis, alors que plus de 7 000 variétés de pommes étaient recensées en 1903, 86 % d’entre elles avaient disparu moins d’un siècle plus tard3.

Les exploitations agricoles se sont aussi concentrées. Au début des années 1950, le Québec comptait quatre fois plus de fermes qu’à l’heure actuelle, mais elles étaient en moyenne moitié moins grandes4. Ce sont principalement les petites qui ont disparu. Dans le secteur de la production de légumes frais, le nombre de fermes a diminué de 35 % depuis 19935. Selon la logique productiviste, plus une entreprise est grande, plus elle réalise des économies d’échelle, ce qui lui permet de vendre ses produits à prix moindre que ceux des petites entreprises. Incapables de concurrencer, les petites fermes sont le plus souvent rachetées par les plus grosses.Ce phénomène inquiète, car le coût des installations augmentant avec leur taille, il devient très ardu pour la relève de s’installer6.

Les entreprises agricoles de petite et moyenne tailles jouent un rôle fondamental pour la vitalité des économies rurales, tissant des liens économiques avec le milieu local, s’y approvisionnant davantage et investissant à l’intérieur de la communauté. Puisque les dépenses des grandes fermes bénéficient plutôt aux grandes entreprises à l’extérieur de la région (tant pour les achats d’intrants, les dépenses en investissements que l’utilisation de services)7, le nombre d’emplois dans plusieurs régions rurales a diminué et la population a décliné.

Du marché public aux marchés mondialisés : des géants sous les tablettes !
Au moment de vendre sa récolte, comment le pomiculteur marchandera-t-il avec le fabricant de compote ? À son tour, celui-ci se tournera vers l’épicier qui en fera la distribution et la vente sur ses tablettes. Dans cette valse à trois temps, qui conduira la danse ?

Agriculture écologique

Le secteur de la transformation alimentaire est un partenaire important pour le milieu agricole québécois, passage obligé pour plus de 80 % des produits agricoles8. Cependant, le degré élevé de concentration des entreprises de transformation alimentaire, attribuable aux importantes fusions, inquiète le milieu agricole9. En effet, en 1998, les quatre plus grandes entreprises de chacun des secteurs de transformation (lait, fromageries, fruits et légumes de conserverie, etc.) détenaient plus des deux tiers des parts de marché10.

La distribution et la vente au détail connaissent aussi une forte concentration : au Québec, 80 % des ventes du secteur agroalimentaire s’effectuent par les bannières appartenant à Loblaws, Sobeys et Métro-Richelieu11, cette dernière étant la seule dont le siège social est au Québec. La concentration dans les mains de ces trois principaux distributeurs, lesquels déterminent les conditions d’accès aux tablettes, érode le pouvoir de négociation des agriculteurs et petits transformateurs et rend difficile la mise en marché locale des produits alimentaires.

Les géants de l’agroalimentaire augmentent aussi leur pouvoir en pratiquant l’intégration verticale, c’est-à-dire en contrôlant toute la chaîne de production d’un produit. C’est le cas de la multinationale McCain, propriétaire notamment de certaines terres agricoles et de compagnies de transport12. Aussi, de plus en plus d’entreprises locales passent aux mains de géants de l’agroalimentaire, souvent américains. Par exemple, la confiture Double Fruit, anciennement propriété de l’entreprise beauceronne Culinar, a été vendue à la multinationale américaine J. M. Smucker13.

Saviez-vous que?

La part des dépenses alimentaires qui revient à l’agriculteur a diminué de moitié au cours des 50 dernières années, passant de 50 à 25 %14 en moyenne. Trois compagnies multinationales américaines contrôlent 70 % des exportations de bananes à travers le globe15. Moins de 2 % du prix que nous payons ici pour une banane revient au cultivateur16.

Des pommes globe-trotters : 2 500 km, ça use, ça use !!!
La spécialisation géographique de la production et l’orientation des systèmes économiques vers l’augmentation des exportations a allongé les circuits de mise en marché, entraînant plus que jamais le déplacement des denrées alimentaires partout sur le globe. Près du tiers des camions qui parcourent les autoroutes transportent des aliments17. Au Québec, l’exportation explique à elle seule tout près de 40 % de la croissance des ventes de l’industrie alimentaire au cours de la dernière décennie18. La valeur des exportations de légumes a augmenté de manière significative entre 1998 et 2001, passant de 52 à 77 millions $19. Cette logique d’exportation va à l’encontre du principe de la souveraineté alimentaire. Par exemple, en 2001, le Québec a exporté plus de 8 000 tonnes de pommes fraîches et en a importé plus de 13 00020 !

Légumes à feuille

Ces choix économiques ne sont pas sans impacts sur l’environnement et la santé. Selon une étude du Worldwatch Institute, un aliment parcourt en moyenne de 2 500 à 4 000 km, du champ à la table21. Le système alimentaire serait responsable de 16 % de la consommation totale d’énergie aux États-Unis22. Le transport, par sa consommation de combustibles fossiles, contribue au réchauffement planétaire par l’émission de gaz à effet de serre. Parallèlement, certains des gaz émis auraient des impacts sur la santé humaine : jusqu’à 16 000 décès prématurés par année seraient causés par la pollution atmosphérique au Canada23. Et tous ces impacts engendrent des coûts (dépollution des eaux, traitement des maladies, etc.) non inclus dans le prix de nos aliments et en grande partie transférés aux générations futures.
Saviez-vous que?

Selon une étude menée en Grande-Bretagne, l’achat de pommes cultivées localement permet de réduire de 87 % les émissions de CO2, comparativement à l’achat de pommes importées de la Nouvelle-Zélande24.

Choisir le biologique local, c’est encore mieux !
Cherchant à tirer profit des nouvelles tendances, des multinationales agroalimentaires (Wal-Mart, PepsiCo, Heinz, Kraft...) se sont lancées dans la course aux produits biologiques en rachetant des marques de plus petites entreprises25. Contrairement à ces dernières, les géants contribuent à dévitaliser les économies régionales et à augmenter la pollution liée au transport accru des aliments. De là l’importance de choisir des aliments biologiques locaux !

Votre santé est-elle dans son assiette ?
Les aliments produits localement sont plus frais et requièrent moins d’agents de conservation et d’emballage que les aliments provenant de l’autre bout du globe. En outre, lorsque nos fruits et légumes parcourent de longs trajets, on leur applique des enrobages protecteurs, dont la cire alimentaire. Or, certaines cires contiennent de la morpholine, laquelle peut former un composé cancérigène26. Près de 95 % des pommes québécoises seraient vaporisées de cire contenant de la morpholine27, laquelle est interdite sur les pommes biologiques28.

Saviez-vous que?

Les produits alimentaires biologiques transformés (confitures, jus, etc.) ne contiennent pas de colorants chimiques, d’arômes artificiels, d’additifs de synthèse, d’agents de conservation et ne sont pas irradiés29.

De plus, en mangeant vos fruits et légumes biologiques, vous évitez non seulement les résidus de pesticides que leurs homologues conventionnels peuvent contenir30, mais vous profitez d’une plus-value au plan nutritionnel, car ils contiennent souvent davantage de vitamines et minéraux essentiels31. De surcroît, les fruits et légumes biologiques contiennent plus d’antioxydants naturels (comme les vitamines A, C et E) que leurs compères issus de l’agriculture conventionnelle32, composés qui recèlent de nombreuses propriétés médicinales, dont la protection contre certains cancers.

Saviez-vous que?

Puisqu’ils contiennent de grandes quantités résiduelles de pesticides, il est recommandé de préférer les produits suivants en version biologique : pêches, nectarines, pommes, fraises, poires, cerises, framboises, raisins, épinards, poivrons, céleri, pommes de terre et piments forts33.

Faire autrement, c’est possible !
En choisissant de nous approvisionner en fruits et légumes biologiques et locaux, nous contribuons au maintien de la diversité agroalimentaire, au soutien d’une agriculture respectueuse de l’environnement et de la santé, à la réduction de la pollution de l’air, et nous épaulons directement la vitalité des économies rurales et la création d’emplois. Pour ce faire, plusieurs possibilités s’offrent à nous ! Nous pouvons être partenaires du réseau d’Agriculture soutenue par la communauté (ASC) coordonné par Équiterre, prendre part à un groupe d’achats, se procurer des fruits et légumes de la région dans les kiosques des fermes ou dans les marchés publics et, pourquoi pas, cultiver notre propre parcelle biologique au sein d’un jardin collectif ! Le bonheur est dans le « près » : choisissons des fruits et légumes biologiques d’ici !

 

Crédits:
Rédaction : Nadine Bachand

Recherche : Sophie Caron et Nadine Bachand

Révision : Josée Breton, Isabelle Breune, Sophie Caron,
Christiane Cossette, Alain Désilets, Jean Duval, Mélissa Filion,
Antoine Gendreau-Turmel, Isabelle Joncas, Vincent Lauzon,
Frédéric Paré, Marcel Roy, Barbara Vogt.

Comité aviseur de la campagne « Moi, je mange bio ! » : Charles-Eugène Bergeron, Isabelle Breune, John Henning, Denis Lafrance, Mickaël Ricquart.

Graphisme : Sébastien-Philippe Fortin

Correction : François Roberge

 

Sources:
1 Debailleul, G. 1998. Dans Gareau, P. et al. Octobre 1999. « La problématique de la pollution agricole, ses impacts sur la santé des cours d’eau et sur la santé humaine ». Mémoire déposé dans le cadre des audiences génériques sur l’eau, Union Saint-Laurent, Grands Lacs et le Mouvement Vert Mauricie, 47 p.

2 Union québécoise pour la conservation de la nature. 2002. « Construire ensemble une agriculture durable ». Document de réflexion dans le cadre du forum itinérant Pour une contribution citoyenne à une agriculture durable : réflexions et débats, 19 p.

3 Lévesques, S. 2003. Dans Waridel, L. 2003. L’envers de l’assiette. Quelques idées pour la remettre à l’endroit. Montréal : Éditions Écosociété et Environnement Jeunesse, à paraître.

4 Statistique Canada. http://www.statcan.ca/francais/freepub/11-516-XIF/sectionm/sectionm_f.htm; http://www.statcan.ca/francais/Pgdb/econ124f_f.htm (consultés le 21 juin 2003).

5 Fédération des producteurs maraîchers du Québec. http://www.legumesduquebec.com/Principal.asp (consulté le 5 juin 2003).

6 Union des producteurs franco-ontariens. 2002. « Les producteurs inquiets face à la menace de l’intégration ». La voie agricole. http://www.lavoieagricole.ca/content/fullnews.cfm?newsid=218 (consulté 22 mai 2003).

7 Boutin, D., et G. Debailleul. 2001. « Quel type d’agriculture faut-il privilégier pour la ruralité québécoise ? ». Dossier Le Québec agricole, vol. 8, no 4, septembre-octobre, L’Agora des idées, des débats, p. 19.

8 Union des producteurs agricoles. 2001. Établissement d’une politique québécoise de la transformation alimentaire. Mémoire présenté au ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, septembre, 21 pages, http://www.upa.qc.ca/memoires/politique_transformation.pdf (consulté le 4 novembre 2002).

9 Ibid.

10 Groupe de recherche e n économies et politiques agricoles. 2001.Dans Union des producteurs agricoles. 2001. Op. cit.

11 Turcotte, C. 2002. « Le défi global ». Le Devoir (Montréal), 5 janvier, p. B4.

12 Compagnie McCain. http://www.mccain.com/Faq/; http://www.mccain.ca/McCainCanada/index.asp?lang=f_ (consulté le 27 juin 2003).

13 Bouchard, R. 1996. Dans Waridel, L. 2003. Op. cit.

14 Union québécoise pour la conservation de la nature. 2002. Op. cit.

15 Jessen, M. 2001. Dans Waridel, L. 2003. Op. cit.

16 Paxton, A. 1996. Dans Waridel, L.. 2003. Op. cit.

17 Bio-bulle. Fév-mars 1994. Dans Waridel, L. 2003. Op. cit.

18 Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. 2000. Les entreprises de transformation alimentaire du Québec qui exportent : un profil sommaire. Bulletin numéro 1, 25 octobre.

19 Fédération des producteurs maraîchers du Québec. http://www.legumesduquebec.com/Principal.asp (consulté le 5 juin 2003).

20 Statistique Canada. Dans ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. 2003. L’horticulture en bref... au Québec, portrait statistique 2001. Québec, 41 p.

21 Halweil, B. 2002. Dans Waridel, L. 2003. Op. cit.

22 Pirog, R. et al. 2001. Food, Fuel and Freeways : An Iowa perspective on how far food travels, fuel usage, and greenhouse gas emissions. Leopold Center for Sustainable Agriculture, Iowa State University.

23 Fondation David Suzuki. 1999. Dans Waridel, L. 2003. Op. cit.

24 Jones, J.A. 1999. Dans Pirog, R. et al. 2001. Op. cit.

25 Deglise, F. 2002. « Un secteur alimentaire lucratif en pleine croissance : La course au bio. Les multinationales de l’alimentation veulent leur part du gâteau ». Le Devoir (Montréal), 6 et 7 juillet.

26 Santé Canada. 2002. Sommaire de l’évaluation du danger que représente pour la santé la morpholine utilisée dans la cire servant à enrober les pommes. http://www.hc-sc.gc.ca/food-aliment/cs-ipc/chha-edpcs/f_factsheet_applecoating.html (consulté le 5 juin 2003). >

27 Deglise, F. 2002. « Produit cancérigène dans la cire dont on enduit certains fruits - Santé Canada se fait rassurant ». Le Devoir (Montréal), 16 août.

28 Dussault, S. 2002. « Pomme de discorde ». Chronique du mois. Protégez-vous, novembre. http://www.protegez-vous.qc.ca/chroniques/statique/chroniques24.html > (consulté le 10 juin 2003).

29 Conseil d’accréditation du Québec. 2002. Sommaire des principales caractéristiques ayant trait à la production d’aliments biologiques. http://www.caqbio.org (Consulté le 6 juin 2003).

30 Mitchell, A.1999. « Pesticide residue on canadian produces doubles : report ». Globe and Mail, 24 mai, p. A4. La quantité de pesticides résiduels décelés dans les fruits et légumes cultivés au Canada a plus que doublé entre 1994 et 1999. Le taux de fruits et légumes canadiens sur lesquels on retrouve des résidus a augmenté de façon constante dans la dernière décennie.

31 Worthington, V. 2001. « Nutritional Quality of Organic Versus Conventional Fruits, Vegetables, and Grains » . The Journal of Alternative and Complementary Medecine, vol. 7, no 2, p. 161-173.

32 Asami et al. 2003.« Comparison of the Total Phenolic and Ascorbic Acid Content of Freeze-Dried and Air-Dried Marionberry, Strawberry, and Corn Grown Using Conventional, Organic, and Sustainable Agricultural Pratices ». Journal of Agricultural and Food Chemistry, 51, p. 1237-1241.

33 Environmental Working Group, USDA Organic. 2003. Foods you’ll want to buy organic. http://www.foodnews.org (Consulté le 30 juin 2003). Imprimé avec des encres à base végétale sur du papier sans chlore contenant 30 % de fibres recyclées après consommation.Équiterre juillet 2003. www.equiterre.qc.ca

 

Éléments comparatifs entre la production de fruits et légumes biologique et conventionnelle - 6 août 2003

Production biologique

Production conventionnelle

Remarque générale

Pour être certifié bio, un champ ne doit pas avoir reçu d'application d'engrais, de pesticides ou d'herbicides de synthèse, ou d'intrants non autorisés au cours des 36 mois précédant la récolte.

Les normes culturales pour les pommes de terre et les pommes sont établies par la financière agricole et ne concernent que le type de semence et la date des semis. Pour le reste, il faut se fier aux pratiques et aux lois touchant les productions agricoles1.

Choix des variétés

Choisir des variétés résistantes aux maladies, aux insectes nuisibles et adaptées aux sols et aux climats.

Choisir la variété selon les performances agronomiques et la résistance à certaines maladies (Financière agricole, 2002).

Semences, bulbes, tubercules et transplants

Doivent provenir préférablement de sources certifiées, sinon, les preuves de non disponibilité sont requises et les semences non-traitées doivent être préférées ;

Les transplants (petits plants) doivent être certifiés bio;

Jusqu'en janvier 2005, les semences conventionnelles seront tolérées, date après laquelle elles devront être certifiées bio.

Les semences doivent être de catégorie Canada généalogique (une espèce):

Fondation, Enregistrés ou Certifiés

Taux de germination de 75% et plus

Étiqueté comme tel

(Règlement sur les semences)

N.B:(ces normes s'appliquent également aux producteurs bio)

Génie génétique

Tous les matériaux et produits utilisés (incluant les plants, semences, inoculations, additifs et auxiliaires etc.) ne doivent pas être issus du  génie génétique.

Les semences issues de la manipulation génétique (OGM) sont permises pour les pommes de terre. Toutefois, la pomme de terre transgénique, cultivée à

petite échelle jusqu'en 1999, semble avoir disparu de nos champs depuis.

Rotations

Obligation de cultiver des légumineuses, des engrais verts et des cultures à enracinement profond permettant le maintien ou l'augmentation de l'activité biologique, la fertilité et l'équilibre des sols.

La rotation n'est pas obligatoire et la monoculture est prédominante. Par contre, le MAPAQ conseille aux agriculteurs la rotation pour réduire leurs engrais azotés et l'épandage de pesticides de plus en plus puissants. Le choix des cultures dépendra des exigences alimentaires des animaux de la ferme ou de la demande du marché, des unités thermiques disponibles, des équipements de récolte et de la disponibilité d'entreposage (Ayotte, 2002).

Fertilisation organique

Les apports de matière organique fraîche doivent être réalisés en période végétative, à doses acceptables pour l'environnement;

La surfertilisation doit être évitée;

Les fumiers conventionnels sont autorisés à certaines conditions (par exemple, le fumier doit être composté et sans contaminant).

Les engrais chimiques peuvent être utilisés. Un engrais mélangé à libération lente, qui contient entre autre de l'isobutylidène diurique, de l'urée formaldéhyde, de l'urée-formol et d'autres produits chimiques, doit contenir, sous forme insoluble dans l'eau, au moins 25% de son azote total (Règlement sur les engrais).

Engrais de démarrage à base de nitrate calcique et de diamonium phosphate (DAP) (18-46-0) versus urée et monoamonium phosphate (MAP) (11-52-0).

Fertilisants minéraux et amendements

Les fertilisants minéraux autorisés doivent être utilisés dans leur état initial (sans traitement chimique);

Certains amendements minéraux (ex. craie, poudre d'os) peuvent être utilisés pour compléter la  fertilisation organique, auquel cas l'usage doit être justifié par une analyse.

Les fertilisants minéraux sont autorisés. Ils peuvent avoir fait l'objet de traitements chimiques ou non.

Les amendements sont également permis (ex. chaux dolomitique).

Régie phytosanitaire

Les prédateurs naturels doivent être protégés et favorisés;

Les maladies et insectes nuisibles doivent être contrôlés par l'établissement d'une combinaison de conditions favorisant l'équilibre naturel;

Certains produits sont permis, tels que le Bt, les savons insecticides et les huiles végétales.

La stratégie phytosanitaire du gouvernement du Québec encourage les producteurs à réduire leur utilisation de pesticides. Mais les pesticides sont toujours largement utilisés (Stratégie phytosanitaire du MAPAQ).

Contrôle des mauvaises herbes

Mêmes dispositions que pour les insectes et maladies;

Les méthodes et matériaux autorisés sont:              

Contrôle mécanique et manuel

Désherbage thermique

Paillis de paille ou de plastique non dégradable (doivent être recyclés après usage dans la mesure du possible)

On contrôle les mauvaises herbes au moyen d'herbicides. Dans les journaux agricoles, les publicités sur les herbicides sont très présentes.

La tendance est également aux semis directs, ce qui exige l'utilisation d'une plus grande quantité d'herbicides.

Travail du sol

Éviter la compaction, l'érosion éolienne, hydrique etc.

Quoique la tendance actuelle soit plutôt au travail minimum du sol et aux systèmes de semis direct, cette tendance demeure minoritaire et le sol demeure surtravaillé. Certains producteurs labourent toujours et ne produisent pas en continu. La méthode de semis directs exige l'utilisation des herbicides.

Les problèmes d'égouttement, de drainage, d'aération et de structure du sol, qu'ils soient généralisés sur l'ensemble d'un champ ou localisés à l'intérieur, de cause naturelle ou résultats de mauvais traitements, reviennent année après année en tête de liste des causes de pertes de rendement (Robert, 2003).

Barrières physiques et bandes tampons

Lorsque des barrières physiques (fossés, haies, brise-vents, chemins, bandes riveraines) assurent d'éliminer les risques de contamination par les cultures avoisinantes, aucune bande tampon n'est requise;

Une largeur minimale de 8m est requise lorsqu'il y a risque de contamination dû a des applications d'engrais minéraux ou de pesticides en provenance des champs conventionnels avoisinants.

Les bandes tampons sont encouragées, mais ne sont pas obligatoires.

Les bandes riveraines sont également encouragés par le MAPAQ, mais non obligatoires. Ces bandes permettraient de protéger l'habitat riverain et de freiner la migration de particules de sol, d'éléments fertilisants et de pesticides en provenance des champs (Duchemin, 2002).

Eau d'irrigation

Ne doit pas comporter de risque de contamination des cultures

Sa provenance doit être documentée

L'irrigation est devenue nécessaire pour assurer une croissance continue, et pour obtenir de bons rendements. Selon le MAPAQ: « Il est temps de passer à un mode d'utilisation plus rationnel de l'eau, en agriculture. Il devient essentiel d'aménager des réservoirs ou des étangs sur les fermes en complément au puits artésien, dans le but de diminuer les prélèvements dans l'aquifère. » (Couture, 2003).

On irrigue avec de l'eau de pluie ou provenant de puits artésiens.

Terreaux de croissance

Doivent être exempts de produits de synthèse depuis 36 mois.

Peuvent comporter des produits de synthèse.

Entretien des machines et équipements

Doit être fait de manière à éviter toute contamination des sols lors des travaux agricoles.

Pas de spécification particulière.

Bâtiments

Aucune production ne doit être en contact avec du bois traité.

Pas de spécification particulière.

Récoltes

Tous les équipements de récolte doivent être propres et exempts de tout produit non biologique;

Méthodes préventives visant à contrôler les ravageurs.

Le nettoyage est de mise, mais ce n'est pas une obligation.

Entreposage

Les lieux et équipements d'entreposage doivent être propres et exempts de tout produit non biologique;

Séparation physique des récoltes bio et non bio;

Exclusion des traitements par pesticides;

Laisser les sites d'entreposage vides durant certaines périodes afin de briser le cycle de vie des ravageurs.

Fumigation et arrosages des lieux d'entreposage avec des pesticides.

Transport

Le conteneur doit être exempt de tout résidu provenant des chargements précédents et ne doit pas avoir été fumigé.

Le nettoyage est de mise.

Emballage

Le matériel d'emballage doit être recyclable ou retournable, dans la mesure du possible

Le suremballage doit être évité

Ne doit présenter aucun risque de contamination

Les soudures au plomb sont interdites

Le nom du certificateur et le nom de l'entreprise doivent figurer sur l'étiquette

L'irradiation est interdite.

Le fournisseur ne peut apposer sur un produit un étiquetage qui contient de l'information fausse ou trompeuse se rapportant au produit -- ou pouvant raisonnablement donner cette impression --, ni vendre, importer ou annoncer un produit ainsi étiqueté.

Les fabricants recourent à de nouvelles matières plastiques et aux techniques de conditionnement sous atmosphère modifiée pour préserver la qualité des produits périssables ainsi que pour en prolonger la durée de conservation. On voit aussi apparaître des emballages biodégradables ou recyclables.

L'irradiation des pommes de terre afin d'inhiber leur germination est permise. L'irradiation est également été autorisée pour d'autres produits alimentaires (oignons, épices, blé et farine).

 

sources consultées
Pour les normes biologiques : Guide 2003 de Garantie Bio-Écocert.

Pour les normes et pratiques conventionnelles :
Ayotte, Pierre. Technologiste agricole, MAPAQ. La rotation des cultures.Vision agricole, direction régionale de Chaudière-Appalaches Adresse url : http://www.agr.gouv.qc.ca/dgpar/sites/r12/rotapa.htm (page consultée le 24 mai 2003).

Couture, Isabelle. Agronome Conseillère en horticulture. L’eau, reflet de nos pratiques. L’irrigation, une question d’importance dans le secteur maraîcher.

Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation Adresse url : http://www.agr.gouv.qc.ca/ (page consultée le 24 mai 2003).

Duchemin, Marc. Spécialiste en sciences de l’eau, Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA). Les bandes riveraines : une mesure agro-environnementale des plus intéressantes (2002). Adresse url : http://www.agr.gouv.qc.ca/dgpar/sites/r16e/gta/GTA2002/Sept/art08.htm (page consultée le 24 mai 2003).

Robert, Louis. Agronome. Des cultures plus rentables.Vision agricole, direction régionale de Chaudière-Appalaches. Adresse url : http://www.agr.gouv.qc.ca/dgpar/sites/r12/Cultrentlrf.htm (page consultée le 24 mai 2003).

Stratégie phytosanitaire du MAPAQ. Adresse url: http://www.agr.gouv.qc.ca/dgpar/agroenv/affiche.html (page consultée le 24 mai 2003).

Ministère de la justice du Canada, Agence Canadienne d’inspection des aliments. Règlement sur les engrais. Adresse url : http://lois.justice.gc.ca/fr/F-10/C.R.C.-ch.666/55530.html#rid-55608 (page consultée le 24 mai 2003).

Ministère de la justice, Ministère de l’agriculture et de l’agroalimentaire Canada; Loi sur les produits agricoles au Canada. Adresse url : http://lois.justice.gc.ca/fr/c-0.4/texte.html (page consultée le 24 mai 2003).

Ministère de l’agriculture et de l’agroalimentaire du Canada. Règlement sur les semences (normes). Adresse url : http://lois.justice.gc.ca/fr/S-8/C.R.C.-ch.1400/157719.html (page consultée le 24 mai 2003).

La financière agricole. Programme d’assurance récolte (version du 31 décembre 2002). Adresse url : http://www.financiereagricole.qc.ca/fr/fina/asrecprog_20021231.pdf (page consultée le 24 mai 2003).

La financière agricole. Programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles. Adresse url http://www.financiereagricole.qc.ca/fr/fina/asraprog_20021231.pdf (page consultée le 24 mai 2003).

La financière agricole. Normes culturales pour les céréales, le mais-grain et les oléagineux. Adresse url : http://www.menv.gouv.qc.ca/pesticides/bilan98_99/bilan_chap4.pdf (page consultée le 24 mai 2003).

Loi sur l'emballage et l'étiquetage des produits de consommation (Canada), (chapitre c-38) adresse URL: http://lois.justice.gc.ca/fr/C-38/37552.html (page consultée le 28 mai 2003).

Annotation:
Loi sur les produits antiparasitaires (Santé Canada); Loi sur les engrais (agriculture et agroalimentaire Canada); Loi sur les produits agricoles (ACIA); Loi sur les aliments et drogues (Santé Canada).

 

FAQ

Quelques données sur le secteur de la culture de fruits & légumes biologiques et conventionnels

Note au lecteur : pour la production de fruits et légumes, l’information est disparate, puisqu’elle se divise en plusieurs filières (petits fruits, producteurs maraîchers, pommes etc.).

Combien de producteurs bio vs conventionnel?

Bio : Au Québec, on compte 173 producteurs horticoles biologiques, répartis de la faon suivante :

Production Nombre de producteurs
Champignons 2
Serres 21
Fruits et petits fruits 35
Maraîcher, légumes 115
TOTAL production horticole bio 173

Source : Données tirées des organismes de certification, compilation par les
répondants du MAPAQ dans FABQ, 2003

Conventionnel : on compte 2 000 exploitations maraîchères.

Quantités, superficies et répartition bio vs conventionnel?

Bio : La production horticole bio couvre une superficie de 400 ha. En termes de répartition géographique,15,6 % de la production de fruits et légumes bio se trouve en Montérégie.

Conventionnel : Le marché interne est de 448 427 tonnes métriques de légumes. La superficie cultivée dans l’ensemble des régions est évaluée à plus de 27 000 ha. La Montérégie serait la plus importante région maraîchère avec plus de 600 exploitations et une superficie cultivée atteignant 13 000 ha.

Quelles productions principalement?

Bio : Les principales productions horticoles bio sont pommes de terre, carottes, haricots, tomates, ail, oignons, courges, laitue, brocoli, chou.

Conventionnel : Au Québec, on cultive principalement les 28 produits suivants : fraise, framboise, asperge, aubergine, betterave, brocoli, carotte, céleri, chou, chou-fleur, citrouille, concombre frais, courge, épinard, fines herbes, gourgane, haricot frais, laitue, maïs sucré frais, oignon, oignon vert et échalote, piment, poireau, pois frais, radis, rutabaga, tomate fraîche, autres légumes frais.

Quels marchés pour le bio et pour le conventionnel?

Bio : Une grande proportion des fruits et légumes bio sont destinés aux marchés québécois. Une certaine partie est aussi exportée vers les États-Unis et l’Ontario.

Conventionnel : La valeur des exportations a également augmenté de façon significative, passant de 52 M$ à 77 M$ entre 1998 et 2001 (incluant les légumes de champ et de serre). Les principaux marchés sont les, États-Unis (New York, New Jersey, Massachusetts, Pennsylvanie et Michigan), l’Amérique du Sud et l’Union Européenne.

Répartition des légumes exportés en pourcentage :

  • Carotte (25,4 %)
  • Chou (21,5 %)
  • Laitue (19,1 %)
  • Oignon sec et vert (13,9 %)
  • Chou-fleur (4,3 %)

 

Références:

Pour le bio :
Fédération d’agriculture biologique du Québec, en coll. avec le Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec. À paraître. Pour un développement stratégique de l'agriculture biologique au Québec.

Gilles Parent, Agriculture et Agroalimentaire Canada, 2002, Adresse URL: http://sea.agr.ca/supply/f3313.htm (page consultée le 4 avril 2003).

Pour le conventionnel :
Site Internet de l’Institut de la statistique du Québec.
Fédération des producteurs maraîchers du Québec URL : http://www.legumesduquebec.com/Principal.asp

Fortin, Christian et al. Institut national de Santé publique du Québec. « Aliments génétiquement modifiés et santé publique », document synthèse, Québec, octobre 2001, 37p.

 
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