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Béton et poudre de verre : une innovation québécoise qui pourrait réduire les GES de 20 %

Montréal, 16 juin 2014 - Pour souligner la mise en service de la première usine de micronisation du verre en Amérique du Nord (Tricentris), Équiterre et la Maison du développement durable ont réuni aujourd'hui un panel d’experts pour expliquer les aspects environnementaux, économiques et technologiques de la fabrication de la poudre de verre et de son utilisation comme ajout cimentaire. La poudre de verre peut remplacer jusqu’à 30 % du ciment dans le béton et pourrait permettre d’améliorer sensiblement sa qualité, en plus de réduire de 20 % ses émissions de GES et d’offrir un important débouché au verre recyclé.

Deuxième matière la plus utilisée après l’eau dans le monde, avec de 3 à 5 milliards de mètres cube utilisés par année, le béton est très polluant. Grâce à cette innovation écologique, entièrement québécoise et issue d'une entreprise d'économie sociale, le béton pourrait devenir non seulement moins polluant, mais aussi plus résistant. Appuyée à toutes les étapes de son développement par la Société des alcools du Québec, des premières recherches jusqu'à sa commercialisation, la transformation du verre en poudre de verre, puis en ajout cimentaire, contribuerait à abaisser le bilan GES des infrastructures et à augmenter leur rentabilité économique du fait d'une durée de vie plus longue et de besoins moindres en entretien.

L'usine Tricentris emploie aujourd'hui huit personnes et produit 6 000 tonnes de poudre de verre par année, mais pourrait passer à 30 000 tonnes et à treize employés suite à la construction de la phase 2 du projet. « Valoriser une matière post consommation pour produire un ajout cimentaire performant, la poudre de verre, c’est l’avenir », a déclaré Dominique Bégin, directeur de projet pour Tricentris.

Selon des données de Recyc-Québec, on estime qu’environ 244 000 tonnes de résidus de verre sont générées au Québec par année. « En fondant en 2005 la Chaire SAQ de valorisation du verre dans les matériaux, de l’Université de Sherbrooke, nous avons misé sur l’innovation pour trouver une seconde vie utile au verre récupéré par la collecte sélective », a déclaré Mario Quintin, directeur du Développement durable à la Société des alcools du Québec. « Des milliers d’heures de recherche ont permis de mettre au point une technologie qui permet d’utiliser le verre concassé ou en poudre pour fabriquer un béton plus résistant, plus imperméable et plus durable. Cela démontre qu’investir en recherche et développement, en partenariat avec le génie québécois, était le bon choix à faire et participe à l’émergence d’une économie verte », a-t-il poursuivi.

« Le verre de 1 000 bouteilles est entré dans la composition de la dalle de béton expérimentale installée dans le hall de la MDD. Parmi toutes les innovations que nous avons réalisées, c’est le projet porteur du plus grand potentiel environnemental global et nous sommes très fiers de notre implication dans ce projet, qui représente une percée importante en bâtiment durable », a déclaré Steven Guilbeault, directeur principal d’Équiterre.

En plus d’offrir un débouché au verre recyclé, chaque tonne de poudre de verre remplace une tonne de ciment, évitant autant de GES. « Les recherches menées à la Maison du développement durable démontrent qu'en terme de performance, le béton avec poudre de verre se compare avantageusement au béton conventionnel », a déclaré monsieur Arezki Tagnit-Hamou, professeur titulaire de la Chaire de recherche industrielle de l'Université de Sherbrooke.

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Pour plus d'information :
Julie Tremblay
Relations médias, Équiterre
514 605-2000 / jtremblay@equiterre.org