Skip to Content

Gaz de schiste : Équiterre demande au BAPE de recommander le moratoire

Longueuil, le 15 novembre 2010 – Équiterre, dans son mémoire déposé lors des audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur les gaz de schiste, demande aux commissaires de recommander le moratoire sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste. Équiterre note que ni le gouvernement ni l’industrie ont pu apporter des réponses satisfaisantes aux questions soulevées dans son analyse préliminaire publiée en septembre. Le développement de cette filière risque fort de compromettre l’atteinte des objectifs du gouvernement dans le dossier des changements climatiques. De plus, sans remettre en question la crédibilité du BAPE, Équiterre rappelle que son mandat aurait dû être élargi et qu’il passe pour l’instant à côté des principaux enjeux.

En se basant sur des études existantes et un scénario conservateur, Équiterre estime que les émissions de l’industrie seraient de 5,7 mégatonnes en 2020 et pourraient être encore plus élevées si davantage de puits étaient mis en service, comme le prévoit le scénario optimiste de la firme SECOR. Ces émissions représentent jusqu’à 35 % de l’objectif de réduction (16,2 Mt) d’émissions de gaz à effet de serre que s’est fixé le Québec pour 2020.

« L’une des questions qui demeure toujours sans réponse est de savoir comment le gouvernement du Québec entend respecter son objectif de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre en donnant le feu vert à une industrie qui va générer des quantités importantes d’émissions supplémentaires. Quels seront les secteurs de l’économie québécoise qui devront consentir des efforts supplémentaires pour réduire leurs émissions ? Le gouvernement entend-t-il forcer l’industrie des gaz de schiste à les compenser elle-même ?», questionne Steven Guilbeault, coordonnateur général adjoint d’Équiterre.

Selon Équiterre, le BAPE devrait demander un prolongement du délai imparti en vue d’obtenir une analyse complète de ces impacts. Ce mandat devrait être alimenté entre autres par les travaux actuellement menés par l’Agence américaine de l’environnement (EPA) sur la question de l’exploitation du gaz de schiste. « Pour nous, le mandat confié au BAPE passe à côté des vraies questions. On demande de définir les conditions d’exploitation d’une industrie, avant même d’avoir documenté les impacts, et surtout, avant de s’être questionné sur le bien-fondé de cette filière pour le Québec », conclut-il.

Rappelons qu’Équiterre considère que l’industrie n’a pas su démontrer dans les derniers mois que le gaz de schiste pouvait s’inscrire dans la lutte aux changements climatiques et faire partie de la vision du gouvernement de faire du Québec une puissance énergétique verte qui allie environnement et économie. Pour l’instant, l’industrie n’est pas en mesure d’évaluer la quantité de GES émises par ses exploitations, d’identifier comment elle compte compenser la perte de territoires agricoles, ni les mesures qu’elle est prête à mettre en place pour limiter les impacts potentiels sur l’environnement et la sécurité publique de ses activités d’extraction.

-30-

Consultez le mémoire d’Équiterre « Quelle place pour le gaz de schiste dans la lutte aux changements climatiques? ».

Source :
Éveline Trudel-Fugère
Équiterre
514-605-2000
514-522-2000 poste 303
etfugere@equiterre.org