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Profits en hausse, factures en baisse : une nouvelle stratégie électrique pour Hydro-Québec

Montréal, le 16 juillet 2010 – Équiterre et l’Ontario Clean Air Alliance ont rendu publiques aujourd’hui leurs recommandations et conclusions à Hydro-Québec afin que les Québécois puissent continuer de profiter de tarifs d’électricité avantageux, tout en augmentant les bénéfices de la société d’État. Les deux organisations suggèrent à Hydro-Québec de mieux coordonner les réseaux d’électricité de l’Ontario et du Québec, mais surtout de miser encore davantage sur l’efficacité énergétique, une filière qui permettra à la société d’État d’augmenter son bénéfice brut de 473 millions de dollars par année selon ses prévisions et dont le potentiel de développement est très important.

Hydro-Québec, qui a déjà exploité la grande majorité des ressources hydroélectriques patrimoniales à faible coût, devra continuer à répondre à la forte demande de consommation en électricité du Québec, une demande qui ne cessera d’augmenter dans les prochaines années. « Dans un contexte où les coûts de production quadrupleront d’ici 2020 et que les profits d’exportation s’annoncent peu fructueux dans les prochaines années, Hydro-Québec se doit de prendre le tournant de l’efficacité énergétique pour éviter une hausse trop importante des tarifs d’électricité et une baisse des bénéfices pour la société d’État », explique Steven Guilbeault, coordonnateur général adjoint d’Équiterre.

Selon son plan stratégique 2009-2013, Hydro-Québec prévoit une baisse de 24% de ses bénéfices nets et une hausse des tarifs d’électricité de 8%. Alors que le coût moyen de la production de l’électricité en 2008 était de 2,1 cent, il est clair que ce coût moyen ne pourra qu’augmenter dans l’avenir dans la mesure où les coûts de production de La Romaine seront de 9,2 cents en 2015. « Il est clair maintenant que tous les nouveaux projets entraîneront des tarifs plus élevés ou une baisse du bénéfice et que la construction de nouvelles centrales hydroélectriques ne sert plus les intérêts de la société d’État », ajoute Jack Gibbons, président de l’Ontario Clean Air Alliance.

Efficacité énergétique : la nouvelle mine d’or du Québec
Selon les estimations des deux organisations, le coût annuel moyen de réduction de 1 kWh est beaucoup moins élevé que les revenus moyens que tire Hydro-Québec de l’exportation du même kWh. Les deux organisations recommandent donc à la société d’État de poursuivre tout investissement dans la filière de l’efficacité énergétique pouvant réduire la consommation d’un kWh à un coût annuel inférieur ou égal à la valeur marchande du prix de l’électricité à l’exportation.

« Le potentiel d’efficacité énergétique est énorme. C’est au Québec que l’on retrouve le plus haut taux de consommation d’électricité par habitant au monde. Même en excluant les facteurs comme la présence d’importantes industries aluminières et l’utilisation de l’électricité pour le chauffage individuel, la consommation d’électricité des Québécois demeure 50 % plus élevée que celle des Ontariens et 80 % plus élevée que celle des New-Yorkais », explique Steven Guilbeault coordonnateur général adjoint d’Équiterre. « Bien qu’Hydro-Québec soit déjà impliqué dans des programmes d’efficacité énergétique, il reste encore beaucoup de travail à faire. Hydro-Québec doit saisir l’opportunité de réduire la consommation d’énergie au Québec pour tirer davantage de revenus par l’exportation », ajoute-t-il.

Coordination des réseaux d’électricité de l’Ontario et du Québec
Alors que la demande d’électricité atteint un sommet au Québec durant les journées d’hiver, et un sommet pendant l’été du côté de l’Ontario, Hydro-Québec aurait grandement avantage à s’arrimer avec le réseau d’électricité de l’Ontario. « Cet arrimage permettrait d’éviter la construction de centrales à gaz naturel coûteuses du côté de l’Ontario mais aussi de réduire le besoin pour Hydro-Québec de construire des nouvelles installations hydroélectriques. L’Ontario possède d’ailleurs une production éolienne excédentaire hivernale très intéressante qu’il serait avantageux d’importer au Québec », explique Jack Gibbons. Les deux organisations considèrent que cette entente pourrait être bénéfique pour les deux sociétés d’État mais aussi pour les contribuables des deux provinces.

Les versions françaises et anglaises complètes du rapport « Profits en hausse, factures en baisse : Une nouvelle stratégie électrique pour Hydro-Québec » sont disponibles en ligne.

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Source :

Eveline Trudel-Fugère
Équiterre
514-605-2000
514-522-2000 poste 303
etfugere@equiterre.org