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Efficacité énergétique
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Efficacité énergétique

Trucs pratiques

Éric

Monsieur Éric Darier, responsable de la campagne Organisme Génétiquement Modifié (OGM) à l’organisme Greenpeace, nous a accueilli chez lui pour nous présenter son installation solaire thermique.

Après le gel de 1998 et par souci d’indépendance énergétique, il décide d’utiliser l’énergie solaire pour alimenter son logement en eau chaude. Il possède un appartement sur deux étages de 1200 pi2 rue Saint Dominique où vivent deux personnes.

Lors de la phase de construction de ce logement en 1999, il demande à l’architecte d’adapter les plans d’habitation plutôt que d’intégrer le système solaire dans le bâtiment. Il rencontre quelques réticences de la part du promoteur immobilier qui refuse que son installation solaire soit placée sur le toit. Ayant la volonté d’avoir une énergie renouvelable, il décide malgré tout d’installer son système sur le balcon.

Son système solaire est constitué de deux panneaux solaires de 7pi de long sur 3,5pi de large soit une surface de 49pi2. Il comprend également deux chauffe-eau, un solaire et l’autre électrique qui sert uniquement à compenser la production d’eau chaude durant les périodes où l’ensoleillement est moins important. En dernier lieu, ce système utilise une pompe solaire, alimentée par un panneau photovoltaïque, pour faire circuler l’eau dans les panneaux solaires. Toute cette installation permet d’alimenter son appartement en eau chaude pour sa salle de bain et sa cuisine, son lave-linge et sa laveuse.

Il admet que ce type d’installation présente quelques désavantages. En matière d’espace, tout d’abord, l’installation des panneaux et la mise en place d’un second chauffe-eau demande une surface suffisante. Selon lui, l’intégration d’un système solaire est plus avantageux dans des bâtiments en construction que dans des bâtiments déjà existants.

Les périodes d’ensoleillement étant variables, plus particulièrement durant les périodes d’automne et de printemps, sa production d’eau chaude n’est pas toujours constante, mais le chauffe eau électrique peut compenser cette fluctuation. Il faut également adapter sa consommation d’eau chaude, éviter de prendre trop de bains ou faire tourner sa laveuse à la moitié de sa capacité. Enfin, durant les plus grosses tempêtes de neige, il est parfois nécessaire d’enlever la neige accumulée sur les panneaux, une dizaine de fois par an, selon lui. Comme il se plaît à dire, enlever la neige, c’est pas la mer à boire.

Mais malgré ces quelques désagréments, il est pleinement satisfait de son installation qui ne lui a rien fait perdre de son confort de vie. Cette installation lui fournit annuellement un peu plus de 60% de son eau chaude et lui permet d’économiser jusqu’à 400 $ par an, selon ses estimations. Il estime que son investissement sera rentable d’ici à 5 ans et qu’ à cette date son eau chaude sera gratuite à plus de 60%, simplement alimentée par le soleil. Enfin, il agit au quotidien pour l’environnement en réduisant la quantité d’émission de Gaz à Effet de Serre émis lors du processus de production d’électricité.

Lily

Madame Lily Haury, présidente de l’entreprise Écosolaire International Inc, a bien voulu répondre à quelques questions concernant les énergies renouvelables. Le parcours professionnel de Madame Haury est assez atypique pour le signaler. Menuisière ébéniste de formation, rien ne poussait Madame Haury à s’orienter dans la promotion des énergies renouvelables. Cependant, son goût pour l’environnement l’a amené rapidement à s’intéresser aux constructions écologiques et durables. Après avoir travaillé un temps dans le domaine de l’efficacité énergétique, elle décide de créer sa propre entreprise. L’idée de départ était de proposer tout l’équipement nécessaire à la construction d’une maison écologique, mais par la suite elle décide de se spécialiser dans les énergies renouvelables.
Elle est consciente que le monde change rapidement et qu’il faut absolument changer avec si l’on ne veut pas être pris au dépourvu. La consommation énergétique de la population québécoise est en croissance constante. Afin de répondre à cette demande, de nombreux projets énergétiques sont proposés dont les énergies renouvelables.

Selon Lily Haury, le Québec présente un énorme potentiel éolien et a le même taux d’ensoleillement que le Japon qui est le plus important utilisateur de systèmes solaires (photovoltaïque ou thermique) au monde. De nombreux programmes sont engagés dans ce pays tout comme en Allemagne où le gouvernement a pour objectif plus de 100 000 toits solaires. Des programmes similaires pourraient être engagés par le gouvernement québécois pour répondre aux besoins énergétiques. Lily Haury constate avec regret que les tarifs d’électricité du Québec très bas n’incitent pas le gouvernement à s’engager dans la voie du renouvelable solaire ou éolien et pousse les citoyens à une consommation effrénée.

Malgré cela, Lily Haury est persuadée que les mentalités changent. Depuis les trois dernières années, les gens prennent conscience des problèmes liés à la consommation énergétique. Les chiffres parlent d’eux mêmes, les systèmes solaire progressent de 15 à 18% chaque année et le nombre d’intervenant (conseillers, installateurs, producteurs) dans les énergies renouvelables a été multiplié par trois depuis 5 ans. Elle reste très optimiste face à l’avenir car selon elle, de plus en plus de gens recherche une certaine autonomie en matière d’énergie. Malgré tout, il faut rester réaliste, il est très difficile de concurrencer Hydro-Québec par rapport à leur tarif, mais elle pense que les gens qui s’orientent vers les énergies renouvelables recherchent avant tout la sécurité en matière d’alimentation ou veulent tout simplement remplacer une génératrice souvent bruyante et polluante.
L’une des principales contraintes en matière d’énergie renouvelable est qu’un tel système peut difficilement répondre à la demande en chauffage sans engendrer un coût supplémentaire. Il faut souvent doubler le prix d’un système pour pouvoir répondre à tous les besoins d’une maison. Les particuliers devront également changer leurs habitudes énergétiques. Lily Haury se plait à dire qu’elle apprend aux gens ce que représente un kilowatt heure.

Lorsque l’on pose la question à Lily Haury de savoir quel est le système le plus avantageux en termes de production? Elle répond sans hésiter le système éolien. Pour un investissement de départ identique, un système éolien peut produire trois fois plus d’énergie qu’un système solaire. Un système éolien est fiable et sa durée de vie peut s’échelonner entre 20 et 25 ans pour l’éolienne et entre 5 et 20 ans pour les batteries. L’inconvénient majeur de ce système est l’irrégularité du vent qui rend difficile son implantation en pleine ville. Les systèmes solaires sont beaucoup plus avantageux en ville. Les nombreux projets qui fleurissent à Montréal prouvent que ces systèmes fonctionnement correctement même en pleine ville. Avec une installation élaborée correctement, les systèmes solaires permettent d’apporter une énergie constante à des équipements qui ne doivent pas tomber en panne (ordinateur, matériel médicale, …). La plupart des panneaux solaires ont une durée de vie supérieure à 40 ans et son garantie généralement plus de 25 ans. Les batteries ont également une durée de vie qui peut atteindre 20 ans pour les plus performantes.

À ce jour, peu de subventions sont accordées pour ce type de systèmes. En termes d’environnement, les constructeurs des panneaux solaires ou des batteries assurent aux fournisseurs que chaque élément peut être recycler et que son impact sur l’environnement est contrôlé durant toutes les phases de production mais aussi d’utilisation. Pour les éoliennes, les matériaux utilisés sont de très bonne qualité ce qui leur assurent une durée de vie plus grande. Il est établi que la longue durée de vie d’une éolienne permet un retour sur l’impact qu’elle peut avoir sur l’environnement. C’est-à-dire que les économies d’énergie qu’elle entraîne compense l’impact sur l’environnement qu’elle peut avoir dans sa phase de production.

Pour conclure, Lily Haury est consciente que les énergies renouvelables n’apportent pas une solution miracle au problème énergétique que peut connaître le Québec. Les énergies renouvelables permettent avant tout de rendre plus autonomes les foyers mais aussi de faire prendre conscience aux gens de l’harmonie qu’il existe entre eux et les éléments qui les entourent tel que le vent, le soleil et la nature. Pour elle, la solution vient avant tout des mesures d’économie d’énergie. Les gens doivent devenir moins énergivores.
Lily Haury espère, enfin, que les énergies renouvelables permettront aux gens d’être plus responsables face à l’environnement.

 
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