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La Suisse

Le commerce équitable en Suisse est fréquemment montré en exemple, notamment pour sa réussite en ce qui concerne la pénétration du marché conventionnel. Les deux principales chaînes alimentaires du pays, Migros et Coop, offrent une ligne de produits équitables certifiés par Max Havelaar. Il est donc possible de se procurer du café, du chocolat, du sucre, du thé, du miel et même des bananes dans la vaste majorité des grandes chaînes d’alimentation, ainsi que dans les magasins d’alimentation naturelle et autres petites épiceries du pays. On compte plus de 7 000 points de vente, dont 212 Magasins du Monde pour une population d’à peine plus de 7 millions d’habitants37. Cela signifie que 85% des épiceries vendent des produits équitables achetés régulièrement par 150 000 familles helvétiques. Quant au café équitable, une cinquantaine de mélanges provenant de 16 pays producteurs sont offerts sur le marché. Il détient une part du marché de 5%. Le logo de certification Max Havelaar est reconnu par 57% de la population38.

L’initiative de certification suisse est née en 1992, appuyée par le Bureau fédéral des affaires étrangères et les principaux organismes de solidarité internationale du pays. Le soutien du gouvernement helvétique a permis d’obtenir le financement nécessaire à l’établissement de Max Havelaar. L’association entre les différents intervenants fut fort bénénéfique pour l’implantation du commerce équitable en Suisse. Elle a permis d’obtenir une plus grande attention médiatique, un meilleur financement et a facilité la pénétration des institutions publiques et des cafétérias.

Le premier produit certifié équitable fut le café. En l’espace de quelques mois seulement, celui-ci a obtenu 5% du marché grâce à la participation de plusieurs torréfacteurs et à celle des grandes chaînes alimentaires. Au mois de mars 1997, les bananes équitables furent lancées et connurent également un grand succès en accaparant 13% du marché39.

Il faut reconnaître que le terrain avait été bien préparé par les Magasins du Monde, qui existaient déjà en Suisse depuis près de 20 ans. Une partie importante de la population était déjà sensibilisée aux inéquités du commerce Nord/Sud et soutenait les actions proposées par les Magasins du Monde et d’autres associations telles que la Déclaration de Berne, Pain pour le prochain, la Commission Tiers-Monde de l’Église catholique, etc. L’engagement de ces organismes a grandement contribué à l’essor du commerce équitable en Helvétie.

Les deux principales organisations d’importation de produits équitables sont CLARO et Caritas Fairness Handel. CLARO, anciennement OS3, importe principalement des produits alimentaires et de l’artisanat. Son conseil d’administration est formé d’une vingtaine d’ONG dont les trois sections des Magasins du Monde en Suisse: Vereinigung Dritte Welt Läden en Suisse alémanique, Association des Magasins du Monde en Suisse romande, et Prodotti Terzo Mondo en Suisse italienne. Bien que ces trois associations partagent la même philosophie et structure de base, elles forment chacune une entité propre et choisissent leurs priorités de manière autonome. Si la tendance en Suisse alémanique va vers la professionnalisation des magasins en vue d’augmenter les ventes, en Suisse romande on tient particulièrement à la vocation éducative et militante des boutiques, qui se veulent plus qu’un espace commercial.

Caritas Fairness Handel s’occupe des activités de commerce équitable pour l’organisme de développement international Caritas Suisse. Par le biais de son catalogue postal et de ses onze boutiques éparpillées aux quatre coins du pays, cet OCÉ distribue surtout des accessoires décoratifs, des bijoux, des vêtements et de l’artisanat. Quelques autres organismes non gouvernementaux distribuent également des produits équitables, tels que Kalebasse, Helvetas et l’UNICEF.

En ce qui concerne l’importation du café équitable en Suisse, la majorité des torréfacteurs obtiennent les grains verts par le biais de l’agence d’importation
hollandaise Van Weely qui se charge du transport et du dédouanement de la marchandise. Bien que l’agence détienne une licence d’importation pour le café
équitable, cela ne dispense pas les torréfacteurs de devoir conclure une entente directe avec les coopératives.

Voyons les portraits de cinq organismes suisses œuvrant dans le commerce équitable:
Max Havelaar Suisse, Bertschi BC café, La Semeuse, l’Association romande des Magasins du Monde (ASRO) et l’Association pour le commerce équitable Genève (ACEG).

Le commerce équitable par catégorie
Partage du chiffre d’affaires du principal importateur de produits équitables en Suisse (CLARO).

Source: European Fair Trade Association (EFTA). Fair trade in Europe:
Facts and figures on the fair trade sector in 16 European countries, février 1998, p. 48.


Max Havelaar Suisse
Organisme de certification équitable


• Les objectifs
"La Fondation a pour objectifs:

  • de stimuler les échanges commerciaux avec des producteurs défavorisés
    dans le respect de leur dignité et en ménageant l’environnement;

  • d’encourager la diffusion d’une information liée à ces activités;

  • d’octroyer un label à des produits importés de régions en voie de développement
    et satisfaisant à des conditions sociales et écologiques minimales40."


• Les moyens
Max Havelaar Suisse veille à la promotion de la certification équitable en Suisse. Elle établit des contrats de licence avec les entreprises intéressées à mettre en pratique le commerce équitable et veille au respect de leurs engagements. Max Havelaar Suisse est également
responsable de la certification et doit assurer le suivi des coopératives de café en Bolivie, au Pérou, en Équateur, en Colombie et au Venezuela. L’organisme informe l’opinion publique de ses activités, du contexte social et économique des groupes de producteurs, des
activités qu’ils mènent et de la politique commerciale des régions en développement.

• L’historique et le développement
Max Havelaar Suisse est sans doute l’un des organismes de certification les mieux établis en Europe. Fondé en 1992 par les organismes Action de Carême, Caritas, Eper, Helvetas, Pain pour le prochain et Swissaid, Max Havelaar Suisse bénéficie d’une grande crédibilité auprès du public et des médias.

Le premier produit certifié par l’organisme, le café, est actuellement offert dans une cinquantaine de mélanges pour tous les goûts et pour toutes les bourses. Max Havelaar Suisse compte 35 détenteurs de licence, dont font partie les principales chaînes agroalimentaires du pays. La compagnie d’aviation Swissair a décidé de servir du café équitable biologique certifié par Max Havelaar. Ce sceau apparaît également sur
quelques marques de chocolat, de thé, de banane et de sucre distribuées un peu partout dans le pays.

• La structure
Max Havelaar Suisse est un organisme sans but lucratif dirigé par un conseil d’administration principalement composé de représentants desorganisations fondatrices. Aucun représentant de détenteurs de licences ne peuvent faire partie du conseil. Le secrétariat principal de l’organisme est à Bâle, mais il dispose d’un bureau régional près de Lausanne en Suisse romande.

• Le financement
La source de revenus principale de l’organisme provient des redevances payées par les détenteurs de licence qui utilisent le logo de certification Max Havelaar. L’organisme reçoit également du financement de la Confédération helvétique, des cantons, des communes et d’autres institutions tant publiques que privées, de même que d’individus. La fondation n’organise cependant pas de campagne publique de collecte de fonds. Elle fonctionne avec des budgets annuels de plus d’un million de dollars canadiens41.

• Les campagnes éducatives et le lobby
L’information du public est considérée comme étant de première importance pour promouvoir le commerce équitable en Suisse. Max Havelaar Suisse a donc décidé d’atteindre la population par différentes voies: la publicité de masse, une campagne de relation publique auprès des médias, la publication de bulletins d’information, la participation à différents événements sociaux et culturels, ainsi qu’une collaboration
étroite avec d’autres organismes défendant la même cause.

Produits certifiés par Max Havelaar Suisse
Ventes suisses 1997

Produits
Kilo / an
Frais / kilo
FS
$Can.
Part du marché total par produit
Café 1 356 500 0,33 (torréfié)
1,20 (instant)
0,39
1,42
5%
Bananes 6 280 300 0,08 0,1 13%
Miel 198 300 0,26 0,31 5% des importations
Chocolat 124 000 0,60 0,71 moins de 1%
Thé 31 400 0,75 
(emballé en Suisse
)
0,50
(emballé dans le pays d’origine)
0,89

0,59
3%
Sucre 9 400 0,10 0,12 minime

Source: Max Havelaar Suisse. 4th Meeting Members, Köln, 27 avril 1998.


Bertschi BC café
Entreprise de torréfaction depuis 1932

Bertschi BC café est un des plus importants torréfacteurs de café équitable en Suisse. Il fait rôtir plus de 120 tonnes de café certifié équitable par année, soit 60% de sa production totale. Ses cafés proviennent de cinq coopératives situées au Mexique, au Costa Rica, au Guatemala et au Venezuela. Quatre-vingt pour cent des cafés équitables Bertschi sont également certifiés biologiques par Naturland ou OCIA42.

Située à Birsfelden, tout près de la ville de Bâle, l’entreprise Bertschi est dirigée par M. Frank Engler, un passionné du café et de ses origines. Préoccupé par les effets nocifs de l’utilisation de produits chimiques sur la santé et sur l’écologie, il s’est d’abord intéressé au commerce équitable pour des raisons environnementales. En 1991, il rencontra un représentant de la coopérative de café biologique mexicaine UCIRI, partenaire de Max Havelaar Pays-Bas. Frank Engler était alors convaincu que le respect de l’environnement ne va pas sans le respect des travailleurs. Ce fut le début d’un engagement à la fois humain et
commercial avec des groupes de producteurs, d’abord au Mexique, puis ailleurs en Amérique latine et en Afrique. "C’est important pour moi de connaître les producteurs avec lesquels je travaille. Je leur rends visite quand c’est possible. Le café que je torréfie a alors toute une autre histoire", commente M. Engler.

Depuis le début de la participation de Bertschi BC café au commerce équitable, le volume de torréfaction de café total de la compagnie est passé de 160 à 200 tonnes, une augmentation de 20%. Le café équitable de Bertschi BC est vendu dans de nombreuses épiceries et magasins d’alimentation naturelle en Suisse et en Allemagne. Il est servi au parlement des deux cantons de Bâle ainsi que dans nombre de grands restaurants, de bureaux, de centres hospitaliers et de maisons de retraite.

Depuis le printemps 1998, la prestigieuse compagnie d’aviation CrossAir a choisi de servir le café équitable de Bertschi BC à son aéroport de Bâle. L’entreprise a fait ce choix non seulement pour des raisons éthiques, mais aussi pour le goût, qu’elle juge supérieur au café qu’elle servait auparavant. "Pour CrossAir, ce fut une décision facile de choisir le café Max Havelaar pour tous nos services d’approvisionnement au sol, de manière à soutenir les producteurs de café à travers des échanges plus justes. C’est pour nous un petit geste nous permettant d’aller vers un meilleur monde43", explique Daniel Soliger de CrossAir.

Contrat entre Bertschi BC Café et la coopérative de café biologique vénézuélienne, Quebrada Azul

Source: Berschi BC café. Suberer Kaffee, BC Bio Bravo, Birsfelden, 1996, p.11


La Semeuse
Entreprise de torréfaction

Petite entreprise familiale datant du début du siècle, La Semeuse torréfie du café équitable depuis 1992. Elle fut l’une des premières maisons de torréfaction helvétiques à s’intéresser au concept. Située à La Chaux-de-Fonds, petite ville suisse romande perchée à plus de 1 000 mètres d’altitude, La Semeuse emploie de 25 à 30 personnes. L’entreprise utilise les techniques traditionnelles, torréfiant de petites quantités à la fois afin de maximiser la qualité. Le café est refroidi à l’air des montagnes sans aucune adjonction d’eau. Cette entreprise torréfie le café équitable distribué dans les Magasins du Monde.

Selon son président-directeur général, M. Marc Bloch: "Il est fondammental que l’économie permette à chacun de vivre décemment. En ce sens, les entreprises doivent agir de manière responsable et contribuer à l’élaboration d’une société où tout le monde est gagnant. [...]La tendance économique actuelle contribue à l’accroissement des écarts entre riches et pauvres, ce qui, de toute façon, nuit au développement du marché. Nous devons absolument développer une vision à long terme. [...] Ne serait-ce qu’en termes de qualité de produits, celle-ci repose aussi sur la qualité de vie des travailleurs et les soins qu’ils accordent à la terre44." Bien que le marché équitable soit en croissance constante, selon M. Bloch, il est essentiel d’éduquer la population afin qu’elle prenne conscience de la teneur politique de ses gestes de consommation.

L’entreprise dit souhaiter vendre une plus grande part de son café sous les conditions équitables, mais doit se contenter pour l’instant de 2% à 5%, en raison du coût des produits et de la nature du marché. Offrant un café équitable haut de gamme, celui-ci coûte entre 15% et 20% plus cher que les cafés de supermarchés. M. Bloch constate que même ses cafés conventionnels sont plus chers que les cafés équitables offerts par la grande chaîne alimentaire Migros. Les produits certifiés équitables distribués dans les grandes chaînes servent de "produits d’appel" pour attirer la clientèle. Ces entreprises peuvent se permettre de vendre certains produits moins chers afin d’attirer des clients qui n’achèteront pas que du café.

Les cafés équitables de La Semeuse proviennent de coopératives d’Haïti, du Costa Rica, du Pérou et du Congo, achetés par le biais de l’agence d’importation néerlandaise A. Van Weely B.V. Travaillant pour Max Havelaar Suisse, Didier Deriaz s’assure que La Semeuse respecte ses engagements à l’égard des producteurs et des consommateurs.

"Vendre du café équitable demande un peu plus de travail administratif, raconte Marc Bloch, mais il en vaut la peine surtout lorsque l’on constate les résultats dans les coopératives [...] Si le marché le permettait, je souhaiterais qu’un jour tous nos cafés portent le label Max Havelaar45."


Association romande des Magasins du Monde (ASRO)
Organisme de commerce équitable (OCÉ)

• Les objectifs
"L’Association romande des Magasins du Monde cherche à promouvoir une économie solidaire, respectueuse de l’être humain en vue d’un développement durable. L’organisme offre aux personnes productrices et consommatrices la maîtrise et le sens de leurs actes, dans la dignité et l’autonomie46."

• Les moyens
L’Association romande des Magasins du Monde (ASRO) est à la fois un organisme sans but lucratif et une entreprise qui mène conjointement des activités sociales, politiques et commerciales. D’une part, elle dénonce la primauté de la logique économique sur les
impératifs sociaux et les objectifs de développement durable. Elle met de l’avant des campagnes de sensibilisation du public qui incitent à une consommation responsable et favorise l’implantation d’une économie solidaire. D’autre part, elle met en pratique le commerce équitable en offrant à la population suisse l’occasion de faire des achats qui soutiennent des groupes de producteurs et d’artisans œuvrant dans des projets sociaux, culturels et écologiques.

• L’historique et le développement
Créée en 1974, l’ASRO regroupe aujourd’hui une soixantaine de Magasins du Monde répartis aux quatre coins de la Suisse francophone. Une cinquantaine de groupes supplémentaires distribuent les produits équitables dans les marchés et les églises. Plus qu’un simple point de vente, chacun de ces magasins est une association enracinée dans la communauté locale qui cherche à sensibiliser la population à l’importance d’une économie solidaire.

Les produits distribués par les Magasins du Monde proviennent d’une centaine de groupes marginalisés, vivant dans une trentaine de pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et même d’Europe. Quatre-vingt pour cent des produits alimentaires et artisanaux sont importés par le biais de la centrale d’achat suisse alémanique CLARO SA. Les 20% qui restent proviennent d’un projet réalisé avec le Chili, de petits fournisseurs suisses pour des produits locaux et de l’organisme français Andine. Les Magasins du Monde distribuent plus de 1 300 produits artisanaux et une centaine de produits alimentaires.

• La structure
Comme un peu partout à travers l’Europe, les Magasins du Monde en Suisse francophone fonctionnent grâce à l’aide d’un grand nombre de bénévoles qui animent et gèrent les différentes boutiques regroupées au sein de l’Association romande des Magasins du Monde. L’ASRO peut compter sur un effectif de plus de 800 bénévoles.

Cherchant à se professionnaliser et à uniformiser les activités et la qualité de ses services, l’ASRO s’est quelque peu hierachisée depuis 1992, tout en maintenant sa structure démocratique. L’organisme a maintenant à sa tête un comité composé de deux délégués par région. Son organisation logistique repose sur un secrétariat et un dépôt de marchandises. Un animateur par région assure le relais entre les groupes locaux, le secrétariat de l’ASRO et le comité. L’information destinée aux groupes locaux est diffusée par le biais d’un bulletin interne, le Forum des Magasins du Monde.

Dans le cadre de diverses campagnes de sensibilisation et de lobbys, l’ASRO s’associe avec d’autres organismes d’entraide suisses, tels que Pain pour le Prochain, Action Carême, Helvetas, Swissaid et la Déclaration de Berne. ASRO est aussi membre du Réseau européen des Magasins du Monde (NEWS).

• Le financement
L’ASRO vit principalement de son autofinancement grâce à la vente de produits équitables pour lesquels elle bénéficie d’une marge de profit moyenne de 17%. Les dons de membres et des prêts sans intérêt complètent son financement.

• Les campagnes éducatives et le lobby
Diverses activités de sensibilisation portant à la fois sur le commerce équitable en général et sur des produits spécifiques sont organisées dans les Magasins du Monde en Suisse. Un déjeuner équitable a été offert aux Nations Unies à Genève et certaines campagnes de sensibilisation et de pression, telles que Made in Dignity, Fair Play/ Fair Pay ont été mises de l’avant, en collaboration avec les autres associations européennes membres du NEWS. Chaque magasin distribue également de l’information aux consommateurs sur les groupes d’artisans et de producteurs qu’elle soutient.


Association pour le commerce équitable Genève (ACEG)
Organisme de promotion du commerce équitable

• Les objectifs
"Le but de cette association est la promotion sur Genève du commerce équitable en général et du label Max Havelaar en particulier47."

• Les moyens
Jeune, dynamique et militante, l’Association pour le commerce équitable Genève (ACEG) se fait la fervente promotrice d’échanges plus justes entre pays du Nord et du Sud. Grâce à ses interventions concentrées dans le canton de Genève, nombre d’institutions scolaires, d’entreprises, de services publics, de restaurants et d’organisations internationales servent maintenant du café équitable certifié par Max Havelaar Suisse.

L’ACEG est présente dans plusieurs écoles, où elle soutient des groupes d’étudiants qui travaillent à la promotion du commerce équitable. L’association a mis sur pied une exposition interactive sur le commerce international, présentant en parallèle le commerce équitable et le commerce conventionnel. En plus de faire circuler cette exposition, l’ACEG organise des conférences, des débats et des discussions sur différents thèmes couvrant tant l’Accord multilatéral sur les investissements (AMI) et l’abolition des dettes des pays du Sud que la commercialisation de divers produits tropicaux.

Comptant une vingtaine de militants actifs, l’ACEG tient également des kiosques, prépare des rencontres avec des organisations de quartierset sert à l’occasion des petits déjeuners équitables dans la rue. Deux fois par année, l’association publie le journal Commerce équitable Info, destiné à ses 200 membres. Cette parution fait le point sur l’évolution du commerce équitable en Suisse et touche également à d’autres thèmes liés à la mondialisation et à la répartition des ressources.

Ainsi, l’ACEG non seulement contribue à l’éducation du public, mais elle est également un instrument de pression auprès d’institutions internationales et d’entreprises diverses.

• L’historique et le développement
En 1993, un groupe d’étudiants du collège de Saussure à Genève se réunit afin de trouver le moyen d’introduire du café équitable à la cafétéria de leur école. Obtenant un succès, ils entreprirent de faire de même dans d’autres établissements scolaires où ils travaillaient avec des groupes d’étudiants. En l’espace de deux ans, ils parvinrent à convertir au café équitable les cafétérias de huit établissements scolaires!

Plus récemment, l’organisme a convaincu la chaîne de distribution EUREST, présente dans de nombreuses cafétérias suisses, de proposer le café Max Havelaar à ses clients. Le café équitable devint alors plus accessible au marché institutionnel. Les portes de nombreuses
institutions scolaires et organismes internationaux furent désormais ouvertes à des cafétérias gérées par EUREST.

• La structure
Les activités de l’organisme reposent presque entièrement sur le travail de bénévoles, principalement des étudiants universitaires. Ceux-ci se rencontrent régulièrement pour décider des activités à entreprendre et se partagent les tâches. L’ACEG travaille en étroite collaboration avec la section francophone de Max Havelaar Suisse.

• Le financement
L’ACEG fonctionne avec peu de budget, principalement les cotisations de ses membres, soit environ 6 000 FrS par année (un peu plus de 5000$Can.). L’organisme reçoit un financement occasionnel de Max Havelaar Suisse pour la réalisation de projets particuliers, tels qu’une exposition sur le commerce équitable ou l’achat de matériel pour des activités spéciales.

• Les campagnes éducatives et le lobby

En plus de publier un journal biannuel, l’ACEG distribue de petits dossiers sur différents produits, tels que la banane, le thé, le textile, le miel, le café et le chocolat.

Situé au cœur de la ville de Genève, où se tient un grand nombre de rencontres internationales, l’organisme a l’occasion de participer à différentes activités de lobby auprès d’institutions internationales. Dans le cadre d’une réunion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’ACEG a déposé une couronne funèbre devant les bureaux de l’institution internationale en mémoire des victimes du commerce conventionnel. L’organisme a également participé à la campagne contre l’Accord multilatéral des investissements (AMI) et à différentes manifestations contre le travail des enfants et l’exploitation des travailleurs.


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