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Depuis plus de 20 ans, l’enjeu des changements climatiques est déterminé par la mise en commun et la diffusion des meilleures connaissances scientifiques disponibles sur la question. L’organe scientifique international ayant mandat de rassembler cette information est le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC), créé en 1988 par deux agences des Nations Unies - l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) -, à la demande du G7 (maintenant G8).
Le GIEC procède, à intervalle de 5 à 7 ans, à la publication d’un rapport portant sur l’ensemble des connaissances scientifiques ayant fait l’objet d’une publication validée par des pairs (« peer-review process »). Les représentants des parties revoient les conclusions et le libellé des informations contenues dans chacun des rapports du GIEC. Les rapports du GIEC sont ainsi considérés comme « consensuels », dans la mesure où ils rendent compte de l’ensemble de la littérature scientifique « sanctionnée par les pairs » et qu’ils reçoivent l’aval des parties. Le GIEC a soumis un rapport d’évaluation (RE) en 1990, 1995, 2001 et 2007. Le 5e RE est attendu en 2014.
Principales conclusions du 4e rapport du GIEC (2007) :
1992 – Sommet de la Terre, Rio de Janeiro
1994 – Entrée en vigueur de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CNUCC). Par cette convention, les pays signataires s’engagent à œuvrer de concert, par le biais de mesures volontaires, stabiliser les émissions de GES afin d’empêcher des changements climatiques « dangereux ». La convention introduit la notion de « responsabilité commune, mais différentiée » : tous les pays sont solidaires de l’objectif, mais les pays industrialisés, historiquement responsables des émissions, doivent prendre dès maintenant des mesures de réduction de leurs émissions – en vue de la stabilisation de leurs émissions à leurs niveaux de 1990 d’ici 2000 - ce qui n’est pas le cas des pays en développement. Cette notion est à la base même des discussions actuelles (2009) devant mener à l’entente de Copenhague. Les États-Unis ratifient cette convention dès 1992.
1995 – COP1 – Berlin. Première conférence des parties (COP) à la CCNUCC, qui conclut à la nécessité d’un instrument de mise en œuvre de la convention plus contraignant, les objectifs volontaires de stabilisation des émissions ne paraissant pas suffisant pour atteindre les objectifs de la CCNUCC (notamment l’art.2). Steven Guilbeault, premier employé d’Équiterre, assiste à la conférence au sein de la délégation du Canada.
1997 – COP3 – Kyoto. Après deux ans de négociations, le Protocole de Kyoto est ouvert à la ratification des parties. Les pays industrialisés (dits « pays de l’Annexe 1 ») s’engagent à réduire collectivement leurs émissions de 5,2% sous leurs niveaux de 1990, en moyenne pour la période 2008-2012. L’Union Européenne se donne un objectif collectif de réduction de -8%, les États-Unis de -7% et le Canada de -6%. Les États-Unis ne ratifieront jamais le Protocole de Kyoto. Ils demeurent par contre tenus de respecter la CCNUCC, qu’ils ont ratifiée.
2001 – COP7 – Marrakech. « Accords de Marrakech » portant sur les principaux mécanismes de mise en œuvre du Protocole de Kyoto.
2005 – Entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, après sa ratification par la Russie.
2005 – COP11 – Montréal. Entente portant sur le prolongement du Protocole de Kyoto et la négociation de cibles de réduction plus importantes. Entrée en vigueur des Accords de Marrakech.
2007 – COP13 – Bali. Bali Road Map, entente portant sur une échéance aux négociations (2009) et sur les principaux éléments d’une entente portant sur la 2e période d’engagement.
2008 – COP14 – Poznan. Travaux préparatoires à la Conférence de Copenhague. Mise sur pied d’un fonds d’adaptation pour les pays les moins avancés.
Le Sommet de Copenhague s’inscrit dans le cadre des négociations entourant la mise en œuvre de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée au Sommet de la Terre de Rio en 1992. L’objectif de cette convention est de stabiliser, conformément aux dispositions pertinentes de la Convention, les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique (art.2). L’objectif de la conférence de Copenhague est l’adoption d’un instrument international qui sera soumis ultérieurement à la ratification des états (« les parties »). Cet instrument déterminera les droits et obligations des parties en matière de lutte aux changements climatiques, au cours de la deuxième période d’engagement (2013-2020). Ce nouveau traité succédera (ou prolongera) le Protocole de Kyoto, instrument international de mise en œuvre de la CCNUCC, dont certaines obligations envers les pays industrialisés ne portent que sur la période 2008-2012.
Les enjeux de Copenhague
L’objectif de la conférence de Copenhague est de prolonger l’action internationale après la 1ère Période d’engagement du Protocole de Kyoto (2008-2012) et, entre autres,
Le « Grand Deal » de Copenhague
Les contours d’une entente à Copenhague comprennent :
Les nœuds des négociations
Les négociations actuelles se heurtent aux obstacles suivants :
Dans le contexte des enjeux actuels de négociations, la position du Canada est d’éviter le plus de contraintes possible et de transférer le fardeau aux autres parties, notamment sur les économies émergentes comme la Chine. La « contribution » canadienne dans le cadre des objectifs de réduction d’ici 2020 est de -3% sous leurs niveaux de 1990, soit l’objectif le plus faible des pays signataires du Protocole de Kyoto. Bien que le premier ministre Harper ait indiqué récemment que le Canada contribuerait en fonction de « sa juste part » au soutien aux pays en développement, le Canada n’a jamais analysé sérieusement l’ampleur de cette contribution.
En matière de réductions de GES, la position canadienne se caractérise par :
La position canadienne est à la base idéologique – le Parti conservateur de Steven Harper s’étant de tout temps opposé à tout effort de lutte aux changements climatiques, les assimilant à « un complot socialiste ». Elle est également influencée par les intérêts pétroliers de l’Alberta et de la Saskatchewan, base électorale du Parti conservateur, le développement des sables bitumineux étant pour le moment incompatible avec des objectifs de réductions des émissions canadiennes de GES.
La position du gouvernement du Québec en matière de lutte aux changements climatiques peut être synthétisée de la manière suivante :
- Conférence de Copenhague (COP 15)
- Le Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat