Skip to Content

1000 Canadiens à Paris

cop21-sidney-198x116.png

Au moment d’écrire ces lignes, je suis à l’Espace 104, à Paris, l’un des lieux de rassemblement de la société civile. 2000 personnes écoutent des conférenciers qui discutent des batailles que livre le mouvement écologiste partout sur la planète. La conférencière parle de la victoire des écologistes québécois contre les gaz de schiste. Elle entend quelques « hourra! ». « Y a-t-il des Québécois dans la salle? », demande-t-elle? Des applaudissements nourris confirment que nous sommes nombreux.

À mon avis, il y a plus de 1000 Canadiens qui participent à la COP21 à Paris. Cette délégation est imposante pour plusieurs raisons. Premièrement par son nombre, je n’ai jamais vu autant de Canadiens à un évènement du genre sur l’environnement ; certainement pas pour une conférence sur le climat.

Deuxièmement, les Canadiens se démarquent par la diversité des secteurs qu’ils représentent : des entreprises privées, des syndicats, des universitaires, des groupes de femmes, des ONG de développement, des groupes communautaires, de petites organisations entièrement bénévoles, de grandes organisations nationales, des élus des trois paliers de gouvernement. Tous les secteurs de la société sont représentés ici.

Je me suis promené ici entre les négociations officielles, les cocktails à l’ambassade, les évènements parallèles et les centres communautaires où se rassemblent les groupes plus radicaux et partout, je rencontre des Canadiens et des Québécois.

Troisièmement, non seulement la diversité des secteurs représentés est-elle grande, mais le niveau de la représentation est impressionnante. Lors de la Soirée du Canada qu’Équiterre a organisée avec l’Institut Pembina et Environmental Defence, trois Premiers ministres et deux ministres de l’Environnement, représentant cinq provinces, ont pris la parole de même que la PDG de Gaz Métro. Et parmi les 300 invités qui les écoutaient, on retrouvait le maire de Vancouver ainsi que d’autres ministres et élus des parlements provinciaux et fédéral, des chefs d’entreprises et des dirigeants d’organisations provenant de toutes les régions du pays. Le principal défi dans l’organisation de cette soirée a d’ailleurs été de choisir qui allait prendre la parole parmi tous ces distingués invités!

Évidemment, le titre n’est pas l’unique façon de mesurer l’importance d’une personne! De simples citoyens avec des réseaux sociaux et des habiletés de mobilisation étaient aussi sur place. Leur présence est peut-être moins surprenante, mais tout aussi importante. À titre d’exemple, plusieurs militants contre les pipelines sont ici à Paris. À ceux qui disent que ce mouvement est motivé uniquement par des craintes sur la sécurité et la survie des bélugas, ravisez-vous! Le mouvement anti-pipeline est un mouvement pour le climat!

Dans un pays aussi vaste que le Canada, il est d’ailleurs très rare que l’on puisse réunir toutes ces personnes au même endroit! Il fallait en profiter pour qu’ils se rencontrent!

La vaste majorité de ces 1000 personnes parmi les plus influentes du pays vont revenir à la maison avec le sentiment qu’il faut agir sur le climat. On ne peut faire autrement que d’être mobilisé après avoir passé ne serait-ce que quelques jours ici.

Lors d’une rencontre entre le Premier ministre et la société civile québécoise, monsieur Couillard nous a fait l’aveu qu’il n’avait pas toujours été convaincu que le climat devait être une priorité, mais qu’il l’était devenu, sans doute à force d’écouter et de lire les arguments de notre mouvement. Monsieur Couillard n’est pas le seul. À force de marteler le message avec tous les arguments possibles depuis des décennies, notre message devient de plus en plus dominant.

Nous aurions voulu organiser un colloque au Canada pour mobiliser les 1000 Canadiens les plus influents sur l’importance d’agir pour le climat et jamais notre colloque aurait eu l’effet de cette conférence à Paris.