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Amener l’Arctique dans les salles de classe : des nouvelles de la boursière Laure Waridel!


Vidéo de Marianne lors d’un vol d’hydravion dans la région Kitikmeot du Nunavut durant une expédition de recherche scientifique. 

 

Chère communauté Équiterre, en tant que lauréate de la bourse Laure Waridel de cette année, il me fait plaisir de partager avec vous les grandes lignes de mes activités.

Jouer à « qui mange qui » pour comprendre l’écosystème

Cet été, j’ai eu le plaisir d’animer un atelier scientifique pour les 8 à 12 ans au Camp de l’Île à Montréal. J’ai débuté l’activité par une courte présentation pour que les enfants se familiarisent avec l’écosystème marin arctique. Nous avons découvert les principales espèces qui le composent et les particularités de cet écosystème nordique, comme la présence d’un couvert de glace permanent et d’un cycle de lumière extrême. Nous avons ensuite joué à un jeu durant lequel chaque enfant représente un maillon ou une espèce de l’écosystème marin arctique. Ils peuvent incarner du phytoplancton, du zooplancton, jusqu’à la baleine ou l’être humain! Les enfants doivent trouver ensemble « qui mange qui » et s’assembler avec leurs proies et prédateurs à l’aide de cordes. Par exemple, l’ours polaire mange du phoque, les phoques mangent de la morue arctique, qui elle, mange du zooplancton, et ainsi de suite. À la fin, tous les enfants sont reliés par des cordes et forment un joyeux écosystème !


Chaque enfant incarnait une espèce marine arctique. Ici, vous voyez une petite phoque! (Crédits photo : Camp de l’île)


Les enfants ont bien compris l’importance de maillons clefs dans l’écosystème marin arctique, comme les organismes microscopiques du plancton. (Crédits photo : Camp de l’île)

L’objectif du jeu était de faire réfléchir les enfants à l’importance de maintenir en santé les écosystèmes et leur biodiversité. Pour bien fonctionner, l’écosystème marin arctique dépend en effet de plusieurs maillons clés. Il s’agit notamment du phytoplancton, du zooplancton et de la morue arctique. Ils sont essentiels au maintien des espèces emblématiques de l’Arctique comme le phoque annelé et son prédateur, l’ours polaire. 

Saviez-vous que la morue arctique, une espèce bien adaptée à l’Arctique, transfère d'énormes quantités d'énergie dans la chaîne alimentaire arctique? Elle mange des tonnes de zooplancton et elle est ensuite dévorée par des mammifères et des oiseaux marins arctiques. Elle est donc un maillon clef dans le transfert d'énergie des micro organismes vers les grands prédateurs.

Une fois le jeu représentant l’écosystème en place, j’ai amené les enfants à explorer ce qui pourrait se passer si une espèce arctique était affaiblie ou disparaissait, en raison par exemple d’une pression environnementale. Ils ont bien compris que toutes les espèces de l’écosystème marin arctique sont inter-reliées et qu’elles dépendent largement des maillons inférieurs, soit le phytoplancton, « la verdure des océans », et le zooplancton.

 
La morue arctique (Arctic cod) est une espèce-clé de l’écosystème marin arctique (Crédits : Dr. Gérald Darnis, dans Darnis et al. 2012)


Courte présentation sur l’Arctique et son écosystème marin. (Crédits photo : Camp de l’Île)

Communiquer avec les ados, grâce à des conseils de pro !

J’ai également eu la chance de rencontrer Steven Guilbeault (directeur principal et cofondateur) et Geneviève Puskas (conseillère changements climatiques et énergie) dans les bureaux d’Équiterre cet été au sujet des communications avec le grand public.

J’ai pu mettre en pratique les judicieux conseils de Steven et Geneviève lors d’une conférence au Collège Jean-de-Brébeuf au début du mois de septembre. Je me suis adressée à une audience d’élèves de quatrième secondaire au sujet de l’Océan Arctique, de ses écosystèmes marins et des nombreux services écosystémiques qu’ils produisent.

De nouveau, je souhaitais leur montrer que tout est interrelié. Par exemple, l’ensemble de la planète bénéficie du couvert de glace permanent de l’Océan Arctique. Celui-ci reflète les rayons du soleil et participe à réguler le climat. Les communautés arctiques tirent pour leur part avantage de plusieurs services écosystémiques, comme les pêcheries et la chasse qui leur donnent accès à une nourriture de haute qualité nutritive.

J’ai ensuite abordé les enjeux qui modèlent l’Arctique comme l’impact des changements climatiques. Nous avons finalement discuté des solutions qui existent pour pallier à ces problématiques, comme l’utilisation d’énergies renouvelables.

Les jeunes ont manifesté un grand intérêt pour ces enjeux, et j’ai été frappée par leur enthousiasme à contribuer aux solutions. Bref, le Québec déborde de jeunes motivés et allumés. Des expériences d’échange comme celle-ci me rendent d’autant plus optimiste pour l’avenir !


Conférence au collège Jean-de-Brébeuf sur les enjeux arctiques. (Crédits photo : Samuel Brière)


L’Arctique est crucial pour l’ensemble de la planète, par exemple pour la régulation du climat. (Crédits photo : Samuel Brière)

Faire partie des Clean50 : Leaders Émergents de l’année 2018!

J’ai eu le grand honneur de me faire décerner un prix Clean50, catégorie Leaders Émergents de l’année 2018. (Les prix Clean50 du Canada sont annoncés annuellement par Unilever, le groupe Delta Management et l’organisation des Clean50 pour reconnaître cinquante individus ou petites équipes, parmi seize catégories différentes, qui ont le plus contribué à avancer la cause du développement durable au Canada au cours des deux dernières années.)

J’ai reçu le prix en reconnaissance de ma recherche dans l’Arctique Canadien, particulièrement pour mon approche interdisciplinaire et participative dans l’étude de l’écosystème marin et des services écosystémiques de l’Arctique. Le prix souligne également mes efforts de communication scientifique avec le public et les jeunes, au Sud et au Nord du Canada.

Je me suis donc rendue au sommet Clean50 à Toronto le 28 septembre dernier. La journée a débuté avec plusieurs groupes de travail sur le futur du développement durable au Canada dans un horizon de 25 ans. Les récipiendaires étaient divisés en différents groupes afin d'aborder plusieurs axes d’action. Par exemple, j’ai d’abord fait partie d’un groupe de travail qui portait sur les secteurs de l’agriculture, de l’alimentation et des pêcheries. Nous avons formulé de nombreuses recommandations pour un développement durable de ces secteurs, comme l’implantation de mécanismes pour éviter le gaspillage alimentaire, favoriser l’agriculture urbaine ou améliorer la traçabilité des produits de la mer.

J’ai donc pu échanger avec des femmes et des hommes qui contribuent de manière exceptionnelle au développement durable canadien. Après une journée productive et riche en rencontres, j’ai participé à la cérémonie de remise de prix. Ce fut l’occasion d’en apprendre davantage sur l’ensemble des récipiendaires, dont les 9 autres leaders émergents et leurs fascinants projets. À votre tour d’aller lire sur ces pionnières et pionniers canadiens du développement durable!


Heureuse récipiendaire d’un prix Clean50, catégorie Leaders Émergents de l’année 2018!


Premier groupe de travail sur le futur durable de l’agriculture, de l’alimentation et des pêcheries au Canada.


Les dix leaders émergents 2018, une catégorie de prix rendue possible grâce à Unilever.

La suite!

Je vais continuer ma série d’ateliers et de conférences jeunesse cet automne, et ce, tout en me consacrant avec ardeur à ma recherche doctorale. Je prépare entre autres un vaste atelier participatif qui aura lieu au Nunavut au courant de l’hiver prochain. Je vous tiendrai au courant de mes prochaines activités. Bon automne !

Pour plus d’information sur mon projet ou pour visionner ma vidéo de présentation, rendez-vous sur ma page sur le site internet d’Équiterre ou sur mon blogue.


Marianne Falardeau-Côté
 

Cité dans cet article : Darnis, G., D. Robert, C. Pomerleau, H. Link, P. Archambault, R. J. Nelson, M. Geoffroy, J.-É. Tremblay, C. Lovejoy, S. H. Ferguson, B. P. V. Hunt, and L. Fortier. 2012. Current state and trends in Canadian Arctic marine ecosystems: II. Heterotrophic food web, pelagic-benthic coupling, and biodiversity. Climatic Change 115:179.