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Comprendre l’urgence des enjeux environnementaux permettrait la coopération

Blog - Catherine Potvin

Je procrastine depuis le début du mois de janvier car je n’avais pas vraiment envie d’écrire ce blogue. La cause? Déprime!

Il y a eu, je vous le rappelle, l’empressement avec lequel le gouvernement du Québec a couru embrasser l’oléoduc d'Enbridge alors qu’on fait des misères au Labrador quant au développement de son projet hydro-électrique. Puis la navrante communication du fédéral à la Convention cadre sur les changements climatiques qui indique que le Canada n’arrivera même pas à atteindre sa cible édulcorée de réduction d’émissions. Et puis le Québec qui lorgne le pétrole et le gaz du fonds du St-Laurent...

N’en rajoutons pas, la cour est pleine!
Comme je m’étais promis d’écrire uniquement des blogues positifs, l’inspiration n’était, ma foi, pas au rendez-vous... Je viens cependant de trouver deux articles forts intéressant dans la prestigieuse revue scientifique Nature Climate Change du mois de décembre 2013 (Sensitivity of collective action to uncertainty about climate tipping points Nature Climate Change 4 p. 36–39).

Il s’agit en fait d’un article et d’un commentaire sur ce dernier. Les deux auteurs de l’article, Barrett et Dannernberg, ont utilisé la théorie du jeu pour comprendre les circonstances qui pourraient susciter la coopération entre inconnus face à un risque environnemental.

Pour reprendre l’exemple donné dans le commentaire de Lenton associé à l’article, imaginez un groupe de voyageurs en canot. Ils sont fatigués, sont étrangers les uns les autres et ne connaissent pas la rivière sur laquelle ils naviguent. Un des membres de l’équipage entend un bruit de chute au loin. Que faut-il pour que cette personne réussisse à convaincre les autres de ramer ensemble afin d’éviter la catastrophe, c'est-à-dire d’être emportés par la chute?

La réponse de Barrett et Dannernberg c’est que les gens pourront agir de façon coopérative et éviteront la catastrophe dans une majorité des cas si les risques perçus sont clairs. Ces auteurs parlent de seuil de danger. Pour stimuler l’action, il faut donc apparemment savoir à partir de quel moment la situation devient critique et ainsi avoir une perception claire du danger.

Donc dans le cas des changements climatiques, plus le climat se détraque, plus les seuils de danger se précisent, plus il serait donc possible que la société réagisse. Ça me donne un peu d’espoir. Apparemment ça sert à quelque chose de documenter les perturbations, d’en parler, de chercher à comprendre. Plus on en parle, plus on comprend le danger lié aux changements climatiques, plus il y a de chance que les gens réagissent.

Alors on repart, SVP faites circuler… Parlons-en à nos voisins, nos amis et aussi à nos politiciens!

Chroniqueuse invitée sur le site d’Équiterre, Catherine Potvin est professeure titulaire et chercheuse au département de biologie à l'Université McGill. Première femme à recevoir la médaille Miroslaw-Romanowski de la Société royale du Canada, elle est également fondatrice du laboratoire néo-tropical de l'Université McGill au Panama. Elle partage son temps entre le Québec et l’Amérique centrale, à tel point que le gouvernement du Panama l’a recrutée comme l'une de ses négociatrices à l'ONU sur le climat.

Merci de votre billet! Rien

Merci de votre billet! Rien n'est moins clair que votre affirmation: "Donc dans le cas des changements climatiques, plus le climat se détraque, plus les seuils de danger se précisent, plus il serait donc possible que la société réagisse." Il y a un réel hiatus entre l'acquisition de la connaissance [du risque] et le passage à l'action. Je vous recommande cette lecture: "http://theenergycollective.com/lougrinzo/326426/sociology-climate-change