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Le salut du Canada passe-t-il par les États-Unis?

Comme le disait si bien Elvis Gratton : “les américains y l’ont l’affaire” et il semble que même en matière de lutte aux changements climatiques, nos voisins du Sud possèdent une, voire quelques, longueur d’avance sur nous.

Alors que les émissions de GES du Canada ont augmenté de 17 % (il me semblait pourtant que c’était plus proche de 25 %) depuis le début des années 1990, cette augmentation n’a été que de 10 % aux États-Unis. De plus, la croissance des investissements des renouvelables a augmentés à un rythme quatre fois supérieur à celui du Canada au cours des six dernières années.

En bout de ligne, les investissements des énergies renouvelables par “tête de pipe” chez nos voisins du Sud sont 19 fois supérieurs aux nôtres. Et c’est en partie parce qu’ils ont augmenté leurs investissements dans ce secteur, mais également parce que le gouvernement Harper a aboli à peu près tout ce qui existait comme incitatifs dans ce domaine.

Or, mauvaise nouvelle pour Stephen Harper, alors que la question des changements climatiques a été pratiquement absente de la campagne présidentielle américaine, elle s’y est invitée en toute fin avec le passage de l’ouragan Sandy. Comble de malheur pour M. Harper, le président Obama a souligné l’importance de la lutte aux changements climatiques dans son discours d’acceptation. Il sera intéressant de suivre son discours inaugural du 21 janvier…

Le dilemme pour le premier ministre Harper est le suivant; depuis plusieurs années, Ottawa répète à qui veut bien l’entendre que la stratégie canadienne sur le climat sera calquée sur celle des États-Unis (personnellement j’en ai un peu soupé de ce discours). J’imagine que pour M. Harper, cela présentait peu de risque dans la mesure où le dossier s’était enlisé à la Chambre des représentants. Après tout, notre premier ministre aimerait probablement mieux être traité de socialiste que de devoir agir pour vrai dans la lutte au réchauffement de la planète.

Mais notre pauvre premier ministre serait probablement bien embarrassé si, comme plusieurs l’affirment, M. Obama faisait de la lutte aux changements climatiques l’une des deux ou trois priorités de son deuxième mandat, avec l’immigration et l’économie.
Le premier ministre aurait alors deux choix : soit celui de suivre le président Obama et de mettre en place de véritables mesures pour lutter contre les changements climatiques soit de s’isoler et d’avoir l’air un peu fou tout seul dans son coin.

Chronique du 30 novembre 2012 dans le Journal Métro.