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Geste - Compostage

Les Québécois produisent 20 tonnes de matières résiduelles chaque minute (1). Le compostage est une solution écologique facile permettant de réduire ces matières destinées aux sites d’enfouissement ou à l’incinération.

Cette pratique diminue ainsi les multiples impacts néfastes reliés au transport et à l’élimination des déchets : pollution de l’air, du sol et de l’eau, sans parler des effets sur la santé humaine, la faune et la flore.

Le retour à la terre de déchets qui n'en sont pas

Naturellement, la matière organique se décompose tranquillement en étant exposée à l’air. Avec le temps, elle forme un terreau qui permet aux nutriments de retourner dans le sol. Le compostage permet d'accélérer cette décomposition.

Une foule de matières organiques, représentant jusqu’à 30% du contenu de nos ordures ménagères, peuvent être compostées : pelures de fruits et légumes, marc de café, feuilles mortes, etc. Avec un entretien minimal, le compost est mûr en quelques mois et devient ensuite un amendement de grande qualité pour les plates-bandes, le potager, les boîtes à fleurs, le gazon, etc.

N'oubliez pas : plusieurs municipalités proposent des programmes de gestion des matières résiduelles et offrent de l'information et parfois même, des composteurs. Communiquez avec votre municipalité pour connaître ces programmes ou pour en proposer l'implantation.

Le compostage en pratique

« Le compostage est un procédé de transformation biologique des matières organiques, en présence d'eau et d'oxygène. Une fermentation s'opère et des micro-organismes transforment les déchets pour former, après maturation, du compost : un produit stabilisé, hygiénique et riche en humus, fort utile au jardin (2) ».

Comment faire?

Composter n'est pas compliqué. En respectant quelques règles de base et en s'organisant bien, ce geste devient rapidement tout naturel.

Il faut tout d'abord comprendre que pour se décomposer, la matière organique requiert un bon taux d'humidité, de l'oxygène, et une variété de résidus. Il est donc important de (2) :

  • Mélanger entre eux les différents déchets organiques
  • Aérer et brasser le mélange - pour favoriser l'action des micro-organismes, et homogénéiser le mélange résultant
  • Veiller sur l'humidité : le compost ne doit pas être détrempé, mais bien humide

En pratique, voici les étapes à suivre (3), après avoir choisi son composteur :

  1. Placer le bac sur une surface plane et bien drainée, facile d'accès toute l'année, et préférablement dans un endroit ensoleillé.
  2. Retourner le sol à l'endroit où le composteur sera installé.
  3. Après avoir placé le composteur, couvrir le fond d'un rang de petites branches. Ceci permettra à l'air de circuler et améliorera le drainage.
  4. Mettre en alternance des résidus humides (résidus de cuisine) et des résidus secs (feuilles mortes). Il est préférable de toujours terminer par une couche de résidus secs ou de terreau pour éviter les odeurs.
  5. Au départ, ajouter du compost mûr, de la terre à jardinage ou un produit de démarrage (en vente dans les centres de jardinage) à vos résidus. Ceci accélère la mise en marche du processus de compostage. Vous pouvez répéter cette opération au besoin.
  6. Au moins deux fois par mois, retourner le tas de compost en fermentation avec une fourche ou une pelle pour l’aérer, accélérer la décomposition et éviter les odeurs.
  7. Votre composteur devrait vous permettre de recueillir le compost mature par une trappe ou une porte située tout en bas : au fur et à mesure que les résidus sont empilés, ceux-ci se décomposent à la base et deviennent du compost.

Les composteurs

Pour bien choisir son composteur, quelques questions utiles: 

  • Quel est l'espace dont je dispose?
  • L'aspect du composteur est-il important?
  • Quel est mon budget?
  • Est-ce qu’il y a des règlements municipaux qui régissent l’utilisation ou la taille des composteurs?
  • Est-ce que ma ville ou un organisme de ma région subventionne l’achat de composteurs ou offre une formation sur le compostage?

Il existe de nombreux modèles, certains très élégants! La plupart des quincailleries et centres jardins en proposent. Mais pourquoi ne pas en faire fabriquer un en bois par une entreprise d’économie sociale, ou un artisan d'ici? Il n'est pas non plus très compliqué de fabriquer votre propre composteur.

Si vous posséder un grand terrain, vous pouvez composter « en tas » : dans un coin éloigné, empiler simplement les déchets. Faire des tas et les retourner régulièrement pour activer la fermentation. L'arrosage naturel et la large surface (oxygénation) seront vos avantages (2).

Les caratéristiques indispensables du composteur

  • Un couvercle pour protéger le compost de la pluie et de la neige et en contrôler le degré d'humidité
  • Des trous ou des orifices pour favoriser la circulation d'air
  • Un moyen d'enlever le produit final, généralement une trappe située en bas du composteur

Quoi composter?

À la base, deux types de résidus à mélanger ensemble :

  • Humides, riches en azote (appelée aussi matière verte)
  • Sèches, riches en carbone (appelée aussi matière brune)

Pour obtenir une maturation optimale du compost, il est recommandé de mélanger environ 1/3 de matières humides pour 2/3 de matières sèches.

Les matières humides

Les déchets humides contiennent de l'eau, très utile au processus, mais seuls, ils se tassent et s'asphyxient, générant des écoulements de jus et des odeurs désagréables.

  • Pelures et restes de fruits et de légumes
  • Déchets verts de jardin :  fleurs fanées, résidus de taille, résidus de tonte, mauvaises herbes (sans graines mûres), etc.

Les matières sèches

Les déchets plutôt carbonés compostent très lentement s'ils sont seuls.

  • Sachets de thé, de tisane et marc de café (avec filtre)
  • Restes de pain, riz, pâtes alimentaires, légumineuses
  • Écales de noix
  • Coquilles d’œufs écrasées (contiennent des éléments minéraux et facilitent l'aération)
  • Feuilles d'arbre séchées (elles se décomposent plus vite si elles sont déchiquetées)
  • Gazon sec
  • Vieux terreau d'empotage
  • Paille, foin, sciure de bois, brindilles,
  • Papier journal
  • Poils d’animaux et cheveux

Les matières à éviter

  • Viande, poisson, crustacés et os
  • Produits laitiers
  • Graisses et huiles
  • Plastique
  • Métaux
  • Excréments d'animaux et litières d'animaux
  • Feuilles de rhubarbe
  • Mauvaises herbes montées en graines ou rampantes
  • Plantes ou les feuillages malades
  • Cendre de bois
  • Chaux (lime)
  • Briquettes de barbecue
  • Contenu du sac de l’aspirateur
  • Charpie de la sécheuse
  • Matériaux contaminés avec des pesticides ou des produits dangereux (par exemple, le bois traité)

Le vermicompostage

Le vermicompostage, parfois appelé lombricompostage, est la solution pour les gens qui ne possèdent pas de terrain sur lequel installer un composteur, ou pour ceux qui ne veulent pas utiliser leurs composteurs pendant l'hiver. Ce type de compostage est aussi très populaire auprès des enfants!

Cette méthode consiste à produire du compost à l'aide de vers rouges - une sorte de lombric différent des vers trouvés au jardin - que l'on peut se procurer à différents endroits. Ces vers consomment et digèrent une quantité phénoménale de déchets, produisant rapidement un compost riche.

Il est facile de fabriquer une lombricompostière. Celle-ci peut être installée à l'extérieur, mais il faut prévoir un espace intérieur pour la saison froide car les vers ne pourraient survivre.

L’herbicyclage

Les résidus de jardin peuvent être compostés. Mais la tonte de gazon représente souvent une trop grande quantité de matière pour un composteur. La solution? L’herbicyclage (4) qui consiste à laisser le gazon sur place après la tonte, une méthode écologique de fertilisation de la pelouse. En plus de constituer un apport d’azote important, les rognures de gazon, principalement composées d’eau, agissent sur l’humidité du sol et aident à protéger la pelouse de certaines maladies.

Plusieurs municipalités au Québec encouragent la pratique de l’herbicyclage auprès de leurs citoyens par des campagnes de sensibilisation. Certaines ont même adopté une réglementation interdisant la collecte du gazon avec les résidus verts ou les ordures ménagères.

Quelques conseils pratiques :

  • Tondre la pelouse régulièrement, à une hauteur d’environ 7 centimètres (3 pouces) mais jamais moins de 4 cm (1,5 pouce), et lorsque le gazon est sec
  • S’assurer que la lame de la tondeuse est bien affilée ou utiliser une lame déchiqueteuse qui permet de réduire la taille des rognures de gazon, ce qui augmente la vitesse de décomposition
  • Dans le cas où la tonte a été effectuée trop tard, recueillir l’herbe coupée et déposer une épaisseur de 15 centimètres (6 pouces) dans le composteur ou l'utiliser comme paillis

Le compost est prêt!

Il est assez simple de reconnaître un compost mature : brun foncé, il a l'apparence de la bonne terre, dégage une bonne odeur d'humus et on ne reconnaît plus les résidus utilisés (sauf quelques matières difficilement compostable comme les coquilles d'oeuf et les noyaux).

Pour tout connaître, ou presque, sur les bienfaits et l'utilisation du compost, dont le thé de compost, consulter Le compost... pour l’amour de la Terre! du Conseil canadien du compostage.

Comment l'utiliser (5)?

Le compost n'est pas un engrais, mais un excellent amendement pour la terre de jardin, car il nourrit le sol, il en améliore la structure et l’aération et il accroît sa capacité de rétention d’eau. Vous pouvez vous en servir aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur :

  • Mélanger aux six premiers pouces de terre de jardin et utilisez­-le autour des arbres, des arbustes, des légumes et des fleurs.
  • Mélanger à votre terre à plantes et à transplantation (à raison d’environ un tiers de compost par volume).
  • Étendre le compost tamisé sur la pelouse, après l'avoir aérée.

Pour accélérer le processus

Vous apprendrez rapidement à faire du compost. Pour améliorer votre pratique, il faut connaître les facteurs qui peuvent influencer le temps de maturation (6) :

  • La bonne proportion de matière humide et de matière sèche
  • La taille des résidus utilisés (plus ils sont réduits en petits morceaux, plus le processus est rapide)
  • La bonne aération et le bon degré d’humidité
  • La méthode utilisée et le volume de matières compostées 

Conseils

Vous augmenterez vos chances de réussite si composter n'est pas compliqué!

  • Garder dans la cuisine un contenant refermable dans lequel vous placerez vos résidus de table. Un joli contenant en acier inoxidable placé près de l'évier est très pratique.
  • Si vous générez beaucoup de résidus et que vous avez de la place, utilisez deux composteurs : pendant que le compost mature dans un des contenants, vous utilisez l'autre au quotidien
  • Vous pouvez placer des résidus dans le composteur tout l’hiver. Le processus de décomposition se fait moins rapidement ou cesse lorsque le tas est gelé, mais il reprend très rapidement au printemps, après un bon retournement
  • Videz au maximum le composteur à l’automne pour faire de la place.
  • Si vous n’avez pas de jardin, vous ferez des heureux en donnt votre compost à une école ou à un groupe communautaire qui pourra l’utiliser dans ses aménagements paysagers.

Guides

Plusieurs guides et publications sur le compostage sont disponibles. En voici quelques-uns très complets, offerts en ligne : 

Équiterre propose aussi une conférence pour connaître tous les secrets du compostage. Pourquoi ne pas demander à votre municipalité ou votre employeur de l'offrir?

(1) Tiré de Matières résiduelles - Le compostage comme solution, Le Devoir, consulté le 29 avril 2011.
(2) Source : Compost : les bases du compostage, Xavier Gerbeaud, gerbeaud.com
(3) Source : Le Compostage domestique, Conseil canadien du compost
(4) Source : Fiche d'information sur les matières organiques (compost), Sophie Taillefer, RECYC-QUÉBEC, février 2010.
(5) Source : Réduisez votre quantité de déchets : compostez, Environnement Canada
(6) Source : Comment faire son compost?, Ville de Québec