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Actualité  •  2 min

Crise des déchets : le BAPE reconnaît l'urgence d'agir et de prioriser la réduction à la source

Publié le 

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Le rapport du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur les résidus ultimes, dans lequel Équiterre s’était impliqué l’automne dernier, a été rendu public le 25 janvier.

La grande majorité des recommandations du BAPE dans ce rapport fait écho aux recommandations proposées par Équiterre dans le cadre des audiences.

Le rapport a fait un portrait très juste de la situation actuelle et propose des solutions variées pour transformer fondamentalement la façon dont on gère nos matières résiduelles au Québec. Maintenant, le gouvernement du Québec doit agir rapidement pour les mettre rapidement en application.

« Nous tenons à féliciter les commissaires de ne pas être tombés dans le piège de ne s’attaquer qu’aux symptômes du problème plutôt qu'à sa source. Le déchet le plus facile à gérer, c’est celui qu’on ne produit pas et le BAPE le souligne à gros trait. Il est dit clairement qu’au Québec, si on poursuit dans la voie actuelle, on fonce dans un mur. Il y a une limite à essayer d'enfouir nos problèmes. On doit absolument changer de stratégie et miser d’abord et avant tout sur la réduction à la source et le réemploi », affirme Amélie Côté, analyste en réduction à la source chez Équiterre.

Ce qu’il faut retenir du rapport

 - Il faut changer de stratégie pour la réduction à la source et le réemploi
Le rapport s’attaque à la source du problème plutôt qu’aux symptômes : le déchet le plus facile à gérer, c’est celui qu’on ne produit pas. Le rapport reconnaît que la réduction à la source et le réemploi sont le maillon faible de la gestion des matières résiduelles au Québec, alors qu’il devrait s’agir de la priorité! Le BAPE propose d’ailleurs « Une approche stratégique nationale d’économie circulaire accompagnée d’un cadre légal et financier, qui marquerait évidemment une rupture avec l’économie de croissance classique. »

 - Il faut miser sur des règlements plutôt que des gestes individuels
C’est plus de 50 % des matières éliminées qui proviennent des entreprises, des institutions et du secteur de la construction. Selon les commissaires, les mesures volontaires ne sont pas suffisantes : il faut passer à la vitesse supérieure! Le BAPE recommande des actions législatives qui ont un potentiel de résultats beaucoup plus significatif que l’action de monsieur et madame tout le monde.
Il est notamment recommandé d’évaluer la mise en place d’écofrais sur les produits à usage unique, d’assurer un meilleur accès à la réparation des objets, d’encadrer la publicité et d’interdire en marché de certains produits et emballages.

 - Il faut hausser les redevances à l’élimination
Les coûts d’élimination sont nettement insuffisants et il est nécessaire que cela change pour dissuader le recours à l’enfouissement et l'élimination. Si c’est moins cher de jeter que de réduire ou de recycler, il est farfelu de croire qu’on sera en mesure de progresser en la matière. Ainsi, le BAPE souligne que les redevances à l’élimination pourraient être augmentées afin de financer, entre autres, la réduction à la source, le réemploi et la réparabilité des biens.

Maintenant, le gouvernement du Québec doit agir rapidement pour les mettre en application!

Les prochaines étapes

Équiterre va suivre de près les dossiers d’actualité en gestion des matières résiduelles
notamment en ce qui concerne :

  • L’élargissement attendu de la consigne à tous les contenants de boissons. Les contenant à remplissages multiples (CRM) - comme les bouteilles de bières brunes de format standard - sont ceux qui performent le mieux d’un point de vue environnemental et favorisent le réemploi. Équiterre souhaite que le développement de systèmes de CRM soit soutenu dans le cadre de la modernisation de la consigne. Une distillerie s’est même lancée de manière artisanale dans la réutilisation de ses contenants!
  • L’accès à la réparation : aller de l’avant avec le projet de Loi 197 modifiant la Loi sur la protection du consommateur afin de lutter contre l'obsolescence programmée et de faire valoir le droit à la réparation des biens. Ce sujet vous interpelle? Signez la pétition sur l’accès à la réparation!