Aller à la navigation Aller au contenu

Opinion  •  3 min

Le climat, toujours une priorité pour une écrasante majorité

Daniel Rotman

Directeur général

Publié le 

Si la lutte et l’adaptation aux changements climatiques semblent parfois passer au second plan, un nouveau sondage Léger démontre qu’elles demeurent une préoccupation majeure de la population à l’approche des élections municipales.

À tous les candidats et candidates aux élections municipales,

Alors que le président américain affirme sur toutes les tribunes que les changements climatiques sont un complot, que le premier ministre Carney recule sur les avancées récentes du Canada et que François Legault envoie des signaux pour le moins incertains, il s’en trouve pour dire que les leaders suivent la population en s’occupant moins d’environnement.

Mais la question se pose : est-ce la population qui recule, ou les politiciens ? Regardons ce qui se passe sur la scène municipale à l’approche des élections du 2 novembre pour mieux saisir l’air du temps.

Il y a quatre ans, la population des quatre coins du Québec a voté pour des candidatures municipales portant des engagements forts en matière de protection de l’environnement.

Dans de très nombreux cas, les promesses ont été tenues. Verdissement, protection des milieux naturels, transports durables, sortie des énergies fossiles du bâtiment : l’action climatique municipale s’est accélérée comme jamais.

Nous saluons les conseils municipaux qui ont ainsi eu le courage d’agir. D’autant plus qu’on sait que pour les mairesses et les maires, ainsi que plusieurs membres de conseils municipaux, les dernières années ont parfois été difficiles. Les réseaux sociaux et le sentiment de proximité en ont fait des cibles de choix pour une minorité bruyante et trop souvent irrespectueuse.

Un sondage révélateur

Alors que de nouvelles élections municipales approchent à grands pas, force est de constater que la lutte et l’adaptation aux changements climatiques sont des enjeux moins mis de l’avant dans l’espace médiatique. Pourtant, un sondage web de Léger rendu public aujourd’hui démontre que l’écrasante majorité des Québécoises et des Québécois pensent qu’il est important que les municipalités agissent pour prévenir les changements climatiques et s’adapter à leurs conséquences.

Nous sommes en effet 81 % à penser qu’il est important que nos villes et villages agissent en environnement – à peine 13 %, soit six fois moins, pensent qu’il s’agit d’un enjeu peu ou pas important. C’est impressionnant !

Reconnaissons, bien sûr, qu’un autre enjeu préoccupe encore davantage la population à l’heure actuelle : la crise de l’habitation. La hausse des prix et la rareté du logement affectent tout le monde. Qu’il s’agisse de personnes retraitées qui souhaitent quitter leur maison, mais ne trouvent pas d’option convenable, de jeunes familles, d’étudiants, de nouveaux arrivants, personne n’est épargné.

Dans plusieurs sondages, y compris celui que nous rendons public aujourd’hui, l’habitation apparaît en tête de liste des priorités. Nous sommes d’accord. Se loger est un droit et un besoin essentiel qu’il faut prioriser. En fait, les questions de l’habitation et de l’environnement sont liées, il faut les aborder ensemble.

Nous nous adressons ici aux candidates et candidats. Les quatre dernières années ont permis des avancées indéniables. Nous en savons gré à celles et ceux qui se sont mis en action. Il faut maintenir le cap de l’ambition.

Trop longtemps, l’étalement urbain aura été un fléau pour la biodiversité. Au courant des dernières décennies, le développement urbain a souvent mis en péril des milieux naturels et agricoles et notre ressource en eau, s’est parfois fait dans des secteurs mal adaptés, comme les zones inondables ou les milieux humides, et a rendu trop de ménages dépendants à l’automobile.

Le sondage en vue des élections municipales nous informe que 75 % des Québécoises sont d’accord qu’il faut miser sur le réaménagement des milieux déjà bâtis, notamment pour la construction de logements, pour protéger les milieux naturels et agricoles. On y apprend aussi que 78 % sont favorables à l’idée de soutenir une alimentation locale et de protéger le territoire et les activités agricoles locales et 72 % à celle d’aider la population à réduire les émissions des bâtiments et à améliorer leur efficacité énergétique.

Il est nécessaire de construire des milieux de vie véritablement durables. Ce sera le mandat pour les quatre prochaines années. Les Québécoises et les Québécois demandent à leurs futures équipes municipales de maintenir le cap.



Cette lettre a initialement été publiée dans La Presse le 16 octobre 2025


Signataires de la lettre : Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec ; Christian Savard, directeur général de Vivre en ville ; Sophie Tremblay, présidente du conseil d’administration du Centre d’écologie urbaine ; Patricia Clermont, responsable de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME) ; Sandrine Cabana-Degani, directrice générale, Piétons Québec ; Karel Ménard, directeur général, Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets ; Philippe Jacques, codirecteur général et porte-parole, Trajectoire Québec ; Marie-Soleil Gagné, directrice générale, Accès transports viables ; Sarah-Katherine Lutz, directrice générale, Environnement Jeunesse ; André Bélanger, directeur général, Fondation Rivières ; Rébecca Pétrin, directrice générale, Eau Secours ; Martin Vaillancourt, directeur général, Regroupement national des conseils régionaux en environnement du Québec ; Gabrielle Spenard-Bernier, codirectrice générale, Mères au front ; Sophie-Laurence H. Lauzon, codirectrice générale, Réseau des femmes en environnement ; Cyril Frazao, directeur santé et climat, Association pour la santé publique du Québec ; Jean-François Rheault, président-directeur général, Vélo Québec