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Communiqué de presse  •  3 min

COP26 : Équiterre dresse son bilan

Publié le 

Glasgow, 13 novembre 2021 - Après avoir suivi les négociations climatiques internationales de la 26e Conférence des Parties (COP26), Équiterre dresse un bilan teinté par la frustration, mais aussi par l’espoir de voir la société civile plus mobilisée que jamais afin de talonner les gouvernements du Québec et du Canada pour leur demander de faire leur juste part dans la lutte à la crise climatique.

« L’objectif premier de cette COP26 était de parvenir à un accord qui permettrait de limiter la hausse des températures planétaires à 1,5°C. Étant donné que cet objectif n’a pas été atteint, cette COP, sans dire qu'elle est un échec sur toute la ligne, ne peut assurément pas être qualifiée de succès », affirme Émile Boisseau-Bouvier, analyste des politiques climatiques d’Équiterre.

« Même après ce sommet, le Canada et le Québec ont encore des cibles de réduction de leurs émissions de GES et des plans d’action qui ne respectent pas la science climatique. Bien qu’on note des progrès sur quelques enjeux, l’ambition ne répond toujours pas à la crise », ajoute-t-il.

« L‘empreinte de l’industrie fossile sur le texte final de cette COP se fait encore sentir, une réalité absolument inconcevable. Tant que sa voix sera aussi forte – comptant sur plus de 500 représentant·e·s à Glasgow – et qu’elle sera soutenue par certains États, l’issue des négociations climatiques internationales ne pourra pas être à la hauteur de l’importante transformation que nos sociétés doivent opérer sans délai », précise Andréanne Brazeau, analyste en mobilité.

Malgré la lenteur des progrès pour assurer une plus grande justice climatique, Équiterre espère que la mobilisation citoyenne – menée par les personnes les plus affectées, soit les peuples autochtones, les pays du Sud et les jeunes générations – aura retrouvé son momentum après bientôt deux années de crise sanitaire, ce qui semblait être le cas à Glasgow.

Le gouvernement canadien a encore tout à prouver


« Beaucoup de regards étaient tournés vers Steven Guilbeault lors de cette COP et l’exercice a mis en lumière l’ampleur du défi qui l’attend dans ses nouvelles fonctions: opérer la nécessaire et urgente transition du pays hors des énergies fossiles. Le gouvernement fédéral a encore énormément de travail à faire; tout ne pouvait être réglé en deux semaines et nous sommes impatient·e·s de voir ses plans d’action », explique Émile Boisseau-Bouvier.

Dans la prochaine année, Équiterre exige donc du gouvernement fédéral des mesures décisives dans les deux secteurs les plus émetteurs au pays:

  • Un plan d’action et l’échéancier prévu pour plafonner les émissions du secteur des énergies fossiles;
  • Une norme sur les véhicules zéro émission (VZE) et des cibles intérimaires ambitieuses afin d’accélérer la décarbonisation des transports.

Équiterre tient toutefois à applaudir l’annonce du Canada visant à mettre fin aux subventions aux énergies fossiles à l’international d’ici 2023 et exhorte maintenant le gouvernement à tenir sa promesse électorale : mettre rapidement fin à celles en sol canadien.

Occasion ratée pour le Québec

Équiterre déplore l’entêtement et le manque d’ambition du gouvernement du Québec sur la question climatique, lui qui est reparti de Glasgow avec la même cible qu’à son arrivée, soit une réduction de 37,5% des émissions de GES d’ici 2030 par rapport à 1990. Cette cible ne respecte ni la science du climat ni le principe de juste part, qui exige plutôt une cible domestique de -65%. Pour respecter les exigences de l’Accord de Paris, auquel le Québec est lié par décret, il était pourtant attendu que le gouvernement révise sa cible.

Néanmoins, Équiterre accueille positivement l’adhésion du Québec à la Beyond Oil and Gas Alliance en tant que membre principal, s’engageant à mettre fin à l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures sur son territoire.

« Le gouvernement de François Legault est revenu de Glasgow en vantant presque exclusivement ses ententes d’ordre économique. On se demande bien pourquoi il a fait abstraction de son annonce la plus porteuse d’espoir, celle d’avoir rejoint l’alliance qui s’engage à mettre fin à l’exploration et à l’exploitation d’hydrocarbures », affirme Andréanne Brazeau, précisant que cette importante étape devra se faire sans compenser les entreprises qui ont directement contribué à la crise climatique.

« Avec les élections provinciales de 2022, nous espérons que M. Legault entendra les demandes de la jeunesse québécoise et qu’il présentera une cible qui respecte leur avenir et la science, en plus de proposer un véritable plan de lutte à la crise climatique qui va au-delà de l’électrification des transports ou l’exportation d’hydroélectricité, un plan qui pourrait réellement être une source de fierté », conclut l’analyste.

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Pour plus d’information:

Anthony Côté Leduc, Relations médias
514-605-2000, acoteleduc@equiterre.org