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Montréal, le 17 octobre 2026 — Alors que le gouvernement Carney poursuit, avec le projet de loi C-39, son agenda d’affaiblissement et de contournement de certaines exigences environnementales dans le but de favoriser les investissements et accélérer le développement des grands projets, les Canadiens expriment plutôt un fort attachement à ces protections. Selon un sondage Léger commandé par Équiterre, 66 % des Canadiens souhaitent maintenir ou renforcer les exigences environnementales du Canada, et ce malgré la guerre commerciale avec les États-Unis, contre seulement 20 % qui souhaitent les réduire. Cette proportion atteint 80 % chez les personnes proches du Parti libéral, contre seulement 13 % favorables à une réduction.
« Le gouvernement Carney doit entendre ce message, y compris dans sa propre famille politique : la guerre commerciale ne justifie pas d’affaiblir les protections environnementales. Les Canadiens ne veulent pas du modèle américain de déréglementation environnementale. La solution canadienne à la guerre commerciale et au développement économique doit se distinguer de l’approche américaine et inclure nos acquis et nos protections environnementales existantes, voire même les renforcer », affirme Daniel Rotman, directeur général d’Équiterre.
Un attachement aux protections environnementales d’un bout à l’autre du pays
Le souhait de maintenir ou de renforcer les exigences environnementales est majoritaire dans toutes les régions du Canada présentées dans le sondage. Cette proportion atteint notamment 70 % au Québec, 68 % en Alberta et 67 % en Ontario, malgré le contexte de guerre commerciale avec les États-Unis.
« Le message dépasse les frontières provinciales : les Canadiens et les Canadiennes de partout au pays tiennent à leurs protections environnementales. Le gouvernement Carney ne réglera pas les défis économiques du Canada en affaiblissant la protection des rivières ou en retirant à l’agence d’évaluation environnementale la responsabilité d’étudier l’impact du développement des pipelines. Ce que les gens sondés nous disent c’est qu'il faut miser sur un développement économique qui protège les milieux naturels et les collectivités », souligne Marc-André Viau, directeur des relations gouvernementales.
Des réserves sur les pipelines et la permanence des assouplissements
Le sondage révèle également que près de la moitié des Canadiens s’opposent à retirer à l’agence d’évaluation la responsabilité d’étudier les impacts des pipelines sur l’environnement et les collectivités, contre 29 % qui y sont favorables. Cette opposition atteint 54 % chez les personnes proches du Parti libéral.
Les répondants sont également plus nombreux à s’opposer au retrait de la responsabilité de l’agence d’évaluation d’étudier les impacts des pipelines sur l’environnement et les collectivités : 44 % s’y opposent, contre seulement 29 % qui y sont favorables.
De plus, la moitié des Canadiens (49 %) souhaitent que les mesures visant à accélérer les projets et à assouplir certaines exigences environnementales soient limitées dans le temps, contre seulement 29 % qui souhaitent les rendre permanentes. Cette préférence pour des mesures temporaires atteint même 57 % chez les personnes proches du Parti libéral, contre 27 % favorables à leur permanence.
Les Canadiens expriment donc clairement leur opposition face à la disposition du projet de loi C-39 qui vise à rendre permanente les mesures, initialement limitées à une période de cinq ans, de la Loi visant à bâtir le Canada (C-5), adoptée en 2025.
De fortes majorités souhaitent préserver les lois environnementales
Même pour attirer des investissements étrangers et développer des projets industriels, de 68 % à 75 % des Canadiens souhaitent maintenir ou renforcer la portée des lois environnementales présentées dans le sondage :
- 75 % pour la loi sur les espèces en péril
- 74 % pour la loi qui protège les rivières
- 73 % pour la loi sur les pêches
- 72 % pour la loi canadienne sur la protection de l’environnement
- 68 % pour la loi canadienne sur l’évaluation environnementale
À l’inverse, seulement 5 % à 14 % souhaitent diminuer leur portée, selon la loi concernée.
« Les Canadiens envoient un message clair : attirer des investissements et développer des projets industriels doit aller de pair avec la protection de l’environnement. Le gouvernement doit préserver les lois qui protègent nos rivières, les espèces et nos milieux de vie », souligne Marc-André Viau.
Méthodologie
Le sondage web a été réalisé par Léger du 9 au 12 octobre 2026 auprès de 1525 adultes résidant au Canada et pouvant s’exprimer en français ou en anglais. Les résultats ont été pondérés selon l’âge, le genre, la région, la langue maternelle, la scolarité et la présence d’enfants dans le ménage. Aucune marge d’erreur probabiliste ne s’applique à ce sondage Web. Les résultats par affiliation renvoient à la proximité politique déclarée.
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