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Une étude de l'université Harvard l'affirme : certains néonicotinoïdes semblent nuire aux colonies d'abeilles

Deux pesticides de la famille des néonicotinoïdes (une famille d’insecticide très largement utilisée à travers le monde), l'imidaclopride et la clothianidine, semblent nuire de façon significative aux colonies d'abeilles durant l'hiver, selon une récente étude de la Harvard School of Public Health (HSPH) publiée dans le Bulletin of Insectology.

L'étude met à nouveau de l’avant une conclusion avancée par le même groupe de recherche en 2012, qui avait mis en évidence un lien entre de faibles doses d'imidaclopride et le syndrome d'effondrement des colonies (SEC) : les abeilles abandonnent leurs ruches pendant l'hiver et meurent.

En outre, la nouvelle étude constate que les ruches sujettes au SEC présentaient des niveaux presque identiques d'agents pathogènes qu'un groupe témoin de ruches, dont la plupart des abeilles ont survécu à l'hiver. Ce résultat suggère que les fonctions neurologiques des abeilles ont possiblement été endommagées, particulièrement la mémoire et le comportement, suite à l’exposition aux néonicotinoïdes, contrairement à des études antérieures qui suggéraient que la mortalité liée au SEC dans les colonies d'abeilles pouvait provenir de la diminution de la résistance des abeilles à des parasites en raison de l'exposition aux pesticides.

La déclin des colonies d'abeilles dans plusieurs pays au cours de la dernière décennie est préoccupante, car les trois-quarts des cultures agricoles dépendent de la pollinisation. En décembre 2013, l’Union européenne a adopté un moratoire de 2 ans sur trois insecticides de la famille des néonicotinoïdes.

En mars dernier, Équiterre et ses partenaires écrivaient à la ministre de la Santé, Rona Ambrose, lui demandant de ne plus attendre pour agir contre des pesticides soupçonnés de provoquer la mortalité chez les abeilles et pour lesquels des données toxicologiques importantes sont manquantes.