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Ligne 9 B: de sérieux problèmes en matière de sécurité et d’économie selon des experts internationaux

La station de métro Finch, à Toronto : là où les choses pourraient se gâter


Toronto, le 18 octobre 2013
– Des experts internationaux indépendants ont soulevé de sérieux doutes quant aux avantages de l’inversion de la ligne 9B en matière de sécurité et d’économie. Leurs études ont été déposées à titre de témoignages d’experts auprès de l’Office national de l’énergie, dans le cadre des audiences sur le projet de la ligne 9B, qui ont lieu à Toronto jusqu’à samedi.

Richard Kuprewicz, expert international en sécurité des pipelines, a expliqué pourquoi il a conclu à un « risque élevé de rupture sur la ligne 9 au cours des premières années de l’inversion », et il a abordé le refus d’Enbridge de faire preuve de prudence en donnant suite aux leçons tirées du déversement de Marshall, au Michigan, en 2010 : « Étant donné les nombreuses lacunes mises au jour dans la demande présentée par Enbridge, je dois en déduire qu’il y a un risque élevé de rupture dû à l’interaction de la fissuration par corrosion sous contrainte, de la fatigue-corrosion et de la corrosion générale. De plus, la démarche d’Enbridge en matière de sécurité des pipelines ne saurait prévenir les ruptures dans les conditions d’exploitation résultant du renversement du flux du pipeline ».

Ian Goodman et Brigid Rowan, économistes de l’énergie, ont expliqué pourquoi le « Projet d’inversion de la canalisation 9B et d’accroissement de la capacité de la canalisation 9 » pose un risque considérable de dommages et de perturbations économiques majeurs, et pourrait même causer des pertes humaines. « C’est particulièrement le cas à Toronto et à Montréal, où le pipeline, qui longe ou traverse des infrastructures urbaines essentielles, pourrait mettre en danger l’approvisionnement en eau potable, entraînant des coûts de plusieurs milliards de dollars », a affirmé Ian Goodman, président de The Goodman Group, Ltd. « Les coûts d’une rupture majeure de pipeline à la station de métro Finch de Toronto seraient très élevés, et Enbridge n’a pas su fournir de garanties suffisantes permettant de croire que l’entreprise serait entièrement responsable des dégâts si un tel désastre se produisait », a ajouté Brigid Rowan, économiste principale de The Goodman Group, Ltd.

« La population canadienne doit être pleinement consciente des conséquences possibles d’une rupture de pipeline », a rappelé Adam Scott, de l’organisme Environmental Defense. « Non seulement cette inversion du flux d’un pipeline est dangereuse, mais elle invite aussi le Canada à accroître sa dépendance au pétrole ».
Steven Guilbeault, directeur principal d’Équiterre, a déclaré : « Nous voulons que le Canada passe progressivement à une économie basée sur des sources d’énergie renouvelable, le transport durable et l’efficacité énergétique. Pour ce faire, nous devons renoncer à l’exploitation des sables bitumineux ».

Construit il y a 39 ans, le pipeline transporterait un mélange de types de pétrole brut, y compris du bitume dilué des sables pétrolifères d’Alberta. La production de ce pétrole non conventionnel émet de trois à quatre fois plus de gaz à effet de serre que la production du brut classique, ce qui en fait un des carburants les plus sales de la planète.

Pour accéder aux rapports complets (en anglais seulement) :

Report on Pipeline Safety for Enbridge’s Line 9B Application to NEB (Kuprewicz)

The Relative Economic Costs and Benefits of the Line 9B Reversal and Line 9 Capacity Expansion (Goodman et Rowan)

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Pour tout renseignement :

Geneviève Puskas, Équiterre

514-792-5222 / gpuskas@equiterre.org

Naomi Carniol, Environmental Defence,
416-570-2878 / ncarniol@environmentaldefence.ca