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Actualité  •  3 min

Une solution logique pour réduire nos émissions de GES : réduire la taille de nos véhicules

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Alors que le transport est responsable de 25 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Canada et de près de 45 % au Québec, il est ahurissant de constater que nos véhicules sont de plus en plus gros et de plus en plus lourds! La solution pour réduire nos émissions saute aux yeux : réduire le nombre et la taille des véhicules sur nos routes.

C’est une réalité au Canada : les VUS ont la côte. On entend souvent des raisons « pratico-pratiques » de s’en procurer : affronter l’hiver québécois, parcourir notre vaste territoire à perte de vue, etc. Nous avons l’impression d’avoir besoin d’un véhicule toujours plus spacieux et plus robuste pour déplacer et protéger notre famille.

Mais prenons un peu de recul : notre territoire est inchangé, nos hivers sont de moins en moins durs et nos familles sont plus petites qu'il y a 30 ans. Pourtant, la masse de nos véhicules a augmenté de 25 % entre 1994 et 2019. Il y a 30 ans, 10 voitures de plus pouvaient rentrer dans une voie d’un kilomètre!

Posséder une grosse voiture est désormais la norme : 81 % des véhicules neufs vendus en 2021 étaient des VUS et autres camions légers. Il suffit de faire un tour dans son quartier pour s’en rendre compte. Non, ce n’est pas un phénomène qui est limité aux régions rurales. La tendance est claire : tous les groupes démographiques se tournent vers des plus gros modèles de véhicules.

Cette augmentation engendre bon nombre d’enjeux inquiétants qui vont bien au-delà de l’aspect environnemental :

Pour mettre en lumière ces problématiques, Équiterre a mené une vaste étude comprenant une série de rapports en collaboration avec des groupes de recherche renommés : laChaire Mobilité de Polytechnique Montréal, le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) et HEC Montréal. La recherche cherchait à comprendre l’engouement de la population canadienne pour les VUS ainsi que les conséquences du phénomène, en plus d’explorer les pistes de solutions pour renverser cette tendance.

Nos conclusions sont sans appel : si nos besoins n’ont pas réellement changé, ce sont nos perceptions qui ont évolué, entre autres, à cause de la publicité qui nourrit un narratif associant les automobiles à la nature, à l’aventure et à la liberté. Ça vous rappelle quelque chose, non? Ajoutons à cela l’absence du prix total du véhicule et du nombre de GES émis et l’affichage du montant à payer sur une base hebdomadaire… On ne peut pas dire que ce type de publicité aide à la prise de décision éclairée!

Comment l’industrie automobile s’impose dans nos vies

L’industrie automobile a su imposer le VUS comme le nouveau véhicule familial au Canada à coups de milliards de dollars pour ancrer des perceptions et des besoins en nous.

En fait, le consensus scientifique est clair : la publicité a une réelle influence sur nos choix de consommation. Voici quelques faits importants :

  • En 2018, l’industrie automobile était le secteur qui investissait le plus en publicité numérique au Canada avec une part s’élevant à 21 %;
  • 79 % des publicités de journaux et de magazines canadiens présentent des camions légers;
  • Près de 50 % des acheteurs et acheteuses de nouveaux véhicules disent que la publicité les influence dans leur processus d’achat.

Nouvelle pétition : Renversons la tendance!

Nous devons changer la norme sociale et ça commence par des restrictions entourant la publicité automobile. Le cadre législatif de ce secteur n’inclut pas encore de notion liée à la protection de l’environnement au contraire de plusieurs pays! C’est une question de cohérence : notre gouvernement se dote de cibles climatiques et d’électrification… mais permet la promotion massive de véhicules qui freinent l’atteinte de ces mêmes cibles!
Il faut que ça change!

Faites-le savoir au gouvernement de Justin Trudeau : signez la pétition contre la publicité automobile. Demandez un nouveau cadre réglementaire pour la publicité des véhicules à essence au ministre des Transports et au ministre du Patrimoine canadien et à ce qu'ils s’engagent à interdire la publicité de tous les véhicules à essence d’ici 2025.

N'oublions pas le rôle des médias! Demandons également au conseil d’administration de la Société Radio-Canada, qui est subventionnée par le gouvernement, qu'elle mette à jour sa politique publicitaire afin de cesser la diffusion de publicités de véhicules à essence.

Quand on a reconnu que les produits du tabac étaient un enjeu de santé publique, nous avons limité leur publicité. Faisons la même chose avec les véhicules à essence et renversons la tendance!

Andréanne Brazeau,
Analyste politique – Mobilité durable