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MONTRÉAL, le 4 novembre 2026 – Alors que des dizaines de projets de centres de données cognent à nos portes pour bénéficier de nos ressources, Équiterre presse le gouvernement du Québec d'agir. L'organisation lance aujourd'hui une vaste pétition citoyenne pour réclamer un moratoire immédiat sur tout nouveau développement lié à ces infrastructures.
Il s'agit d'une demande en énergie sans précédent et pour laquelle le Québec n'est pas prêt. Devant le développement incontrôlé de ces projets, nos ressources et notre territoire sont actuellement bradés au cas par cas, sans répondre aux vives préoccupations des citoyen(ne)s.
« Au cours des dernières années, la tendance des gouvernements a été de se plier à la volonté des géants de la tech sans trop poser de questions quant à leur impact sur la facture d'électricité, la disponibilité de l'eau, la souveraineté numérique ou encore la protection des renseignements personnels. Au lieu de continuer à l'aveuglette dans cette direction, nous devons imposer un moratoire afin d'avoir une sérieuse conversation sur l'utilisation de nos ressources énergétiques, qui appartiennent à l'ensemble des Québécois(e)s. Ces ressources devraient d'abord servir à décarboner notre économie et à répondre à nos besoins de développement, pas à ceux des milliardaires de la Silicon Valley », déclare Daniel Rotman, directeur général d’Équiterre.
Un gouffre énergétique et environnemental
Le déploiement des centres de données représente une menace directe pour la souveraineté énergétique et alimentaire du Québec, ainsi que pour nos écosystèmes :
- Un besoin d’énergie démesuré : les demandes pour les centres de données totalisent déjà 2500 MW, soit l’équivalent de la puissance nécessaire pour chauffer deux millions de maisons, ou deux fois la consommation de tous les ménages de Montréal.
- La population paiera la facture et subira les nuisances : nos surplus d'électricité sont terminés. Brancher ces centres coûtera des milliards de dollars et les géants du numérique refusent de payer leur énergie à un prix plus élevé, invalidant même en Cour les hausses de tarifs décrétées par Hydro-Québec. Avec les coûts actuels de développement des projets énergétiques, ce sont inévitablement les ménages qui subiront d’importantes hausses de leur facture d’électricité.
- Surconsommation massive de notre eau : il faut compter de 1 à 2 millions de litres d’eau potable par jour simplement pour empêcher les ordinateurs d’un seul de ces centres de surchauffer.
- Menace pour notre autonomie alimentaire : le Québec perd déjà l’équivalent de 45 patinoires de hockey de terres cultivables par jour sous la pression de l'étalement. Les centres de données comme celui de Google à Beauharnois risquent d’accaparer des centaines d’hectares de sols fertiles supplémentaires.
- Les risques liés à l'IA dans un vide législatif : Au-delà des infrastructures, promouvoir aveuglément l'industrie de l'intelligence artificielle pose de profonds risques humanitaires et environnementaux, en plus d'alimenter la désinformation. Or, le gouvernement fédéral n'est toujours pas en mesure d'encadrer les fournisseurs de services. En l'absence d'un encadrement adéquat sur le produit final, il nous faut un moratoire sur le développement des infrastructures physiques.
Une stratégie claire et démocratique s'impose
Devant la vision fédérale qui considère plutôt l'IA comme une opportunité de vendre du gaz naturel, le Québec doit reprendre le contrôle. Le gouvernement ne devrait accepter aucun projet sans avoir posé un cadre strict sur l'utilisation de notre énergie.
La pétition lancée par Équiterre exige que le moratoire soit maintenu tant que le gouvernement du Québec n'aura pas défini une stratégie claire sur le développement de ces grands siphonneurs de ressources et sur l’encadrement de l’IA, en véritable partenariat avec l’ensemble de la société québécoise.
La pétition peut être consultée et signée en ligne dès maintenant.
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