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Communiqué de presse  •  3 min

L’Avenir énergétique du Canada en 2021 de la REC nous mène vers l’échec climatique

Publié le 

Territoires non-cédés de la Nation algonquine anishinaabe [OTTAWA], 13 décembre 2021 -  Les scénarios de l’Avenir énergétique du Canada en 2021 de la Régie de l’énergie du Canada nous mènent vers l’échec climatique, affirment des groupes de la société civile.

Le rapport, publié aujourd’hui, comprend des projections de l’offre et de la demande d’énergie sous un scénario d’évolution des politiques et sous un scénario des politiques actuelles, mais aucune n’est alignée sur les obligations climatiques du Canada, y compris ses propres objectifs de réduction des émissions. Même si les dirigeant.e.s mondiaux ont réitéré l’importance de limiter le réchauffement à 1,5°C lors du sommet de la COP26 le mois dernier à Glasgow et que le récent discours du Trône a souligné l’urgence et l’ampleur de la crise climatique, les scénarios de l’Avenir énergétique supposent tous que le Canada n’atteindra pas ses objectifs. Le rapport inclut pour la première fois des scénarios vers la carboneutralité, mais ceux-ci ne s’appliquent qu’au secteur de l’électricité. Il manque également aux scénarios un élément d’information essentiel pour les décideur.euse.s : les émissions de GES associées à chaque trajectoire de production et de consommation d’énergie.

Cette incapacité persistante à faire face à la réalité de la crise climatique place la Régie de l’énergie du Canada en décalage par rapport à l’Agence internationale de l’énergie, qui a publié en mai dernier une feuille de route vers la carboneutralité d’ici 2050 (Net Zero by 2050) et a inclus une modélisation de la carboneutralité dans son World Energy Outlook 2021. Alors que la REC continue de prévoir une croissance de la production canadienne de pétrole et de gaz, l’AIE modélise des scénarios qui supposent que la demande mondiale de pétrole a déjà atteint un pic et que la demande mondiale de gaz atteindra quant à elle un pic au milieu des années 2020.

Le refus de la REC de tracer un scénario énergétique sans danger pour le climat au Canada risque de conduire à des décisions d’investissement et de politique mal informées qui verrouillent les infrastructures de combustibles fossiles et négligent les technologies d’énergie propre. Les ministres Wilkinson et Guilbeault ont la possibilité de mandater la REC pour qu’elle joue plutôt un rôle fondamental dans la transition énergétique du Canada en traçant une voie alignée sur le 1,5°C qui garantit que les dépenses, les politiques et les décisions en matière d’infrastructure du gouvernement sont compatibles avec un avenir viable, et qui aide à développer des objectifs sectoriels et des plans pour une transition énergétique juste. L’Avenir énergétique du Canada 2021 doit être le dernier scénario de la REC à modéliser une catastrophe climatique.

CITATIONS DE REPRÉSENTANT.E.S DE LA SOCIÉTÉ CIVILE CANADIENNE

Caroline Brouillette, directrice des politiques nationales, Climate Action Network – Réseau action climat Canada : 
« Le Canada ne peut pas mettre en œuvre une approche pangouvernementale face à la crise climatique si les progrès durement acquis sont minés par la production continue, par une agence gouvernementale, de scénarios qui ignorent les réalités de la science et les engagements climatiques de son propre pays. Le Canada a besoin d’un scénario énergétique qui modélise un avenir sécuritaire pour le climat au centre de ses scénarios énergétiques. Continuer à modéliser le statu quo ne fait que nous mettre sur la voie de la catastrophe climatique. »

Denis Bolduc, secrétaire général de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec :
« Il est clair pour la FTQ que le Canada doit absolument établir des plans en fonction de la cible de 1,5°C. Par contre cela ne peut se faire qu’en mettant de l’avant un processus de transition juste. »

Émile Boisseau-Bouvier, Analyste des politiques climatiques, Équiterre :
« Il est très inquiétant de voir une agence fédérale aussi en retard en matière de modélisation du succès climatique. La plupart des Canadien.ne.s comprennent l’urgence de la situation, le gouvernement libéral en a réitéré l’importance dans son récent discours du Trône et l’Agence internationale de l’énergie, qui n’est pas connue pour être un grand défenseur du climat, a récemment progressé substantiellement en la matière. La Régie n’a maintenant d’autre choix que de rattraper son retard et de faire pencher la balance du bon côté. La modélisation actuelle nous menant à l’échec est simplement inacceptable. »

Bruno Detuncq, membre du coco du Regroupement Vigilance Hydrocarbures Québec :
« La Régie de l’Énergie du Canada (CER) a le devoir moral de travailler pour assurer un avenir viable à tous les citoyens du pays, mais également a le devoir de faire en sorte que le Canada ne pénalise pas les nations qui n’ont pas participé à la dégradation du climat, mais qui subissent déjà de façon claire les méfaits des émissions des pays du nord, dont fait partie le Canada. Le pays a d’autant plus de responsabilités qu’il est un producteur et un exportateur important de combustibles fossiles. Travailler à sortir de ces filières est un impératif absolu, ce qui implique un plan de diminution réel des extractions de pétrole et de gaz naturel. »


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Climate Action Network – Réseau action climat Canada est le réseau le plus étendu d’organisations travaillant sur les questions de changement climatique et d’énergie au Canada. Il s’agit d’une coalition de plus de 130 organisations opérant d’un océan à l’autre. Nos membres rassemblent des groupes environnementaux, des syndicats, des Premières Nations, des organisations de justice sociale, de développement, de santé et de jeunesse, des groupes religieux et des initiatives locales.

Pour plus d'informations : 

Dale Robertson, chargé de communication
(514) 605-2000, drobertson@equiterre.org

Vicky Coo, Responsable des communications
613-203-3272, comms@climateactionnetwork.ca