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Fiche

Réduire notre consommation : une solution à nos défis socio-environnementaux

Comment un changement de perspective sur la consommation pourrait contribuer à solutionner plusieurs défis

Publié le 

Dans notre société de surconsommation, les enjeux majeurs vont bien au-delà des montagnes massives de déchets polluants et de l'épuisement de nos ressources. La santé humaine, le bien-être, la justice sociale sont également bouleversés par le rythme effréné encouragé par notre système économique. Certaines personnes ont trop, d’autres n’ont pas assez. Le temps est venu de changer le paradigme dans lequel nous repensons notre consommation et nos priorités collectives.

À lire pour :

  • Comprendre pourquoi notre système économique est basé sur la surconsommation

  • Apprendre sur les impacts de la surconsommation

  • Découvrir des pistes de solutions

D’abord, c’est quoi la surconsommation?

La surconsommation ou même la consommation sont des privilèges uniquement accessibles à certaines tranches de la société. Certaines personnes surconsomment alors que d’autres n’arrivent même pas à combler leurs besoins fondamentaux.

Notre rapport à la consommation est influencé par des facteurs tels que le genre, la classe sociale ou encore l’appartenance ethnique. Ce n’est qu’en reconnaissant l’impact de ces facteurs que nous pourrons trouver ensemble des solutions inclusives pour toute la population afin d’amorcer une transition écologique juste.

Cette fiche s’adresse donc à ceux et celles qui consomment ou qui surconsomment, pour les aider à mieux comprendre les causes et conséquences et pour pouvoir contribuer à une transition de notre système économique. Il n’est pas question de demander encore plus d’efforts à ceux qui n’en n’ont pas les moyens!

Bien que les achats se fassent souvent individuellement, la surconsommation comporte son lot de défis autant à l’échelle individuelle que collective.

D’où vient la surconsommation?

La surconsommation a des racines historiques, économiques et sociales.

La consommation de masse prend naissance aux États-Unis vers la fin du 19e siècle. Elle s’est développée en même temps que les progrès technologiques au niveau de la production, des transports et des communications. Dès le départ, elle se base sur l’utilisation intensive de ressources naturelles et promeut une économie linéaire où les matières premières sont extraites, utilisées et jetées. Ce n’est pourtant qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale qu’elle prend réellement son envol en Amérique du Nord et en Europe. La hausse du salaire des travailleurs et travailleuses et de leur pouvoir d’achat résultant de l’expansion d’après-guerre ainsi que l’influence de l’ « American Way of Life », qui se répand grâce à la publicité, poussent la population à acheter davantage de biens.

Dès lors, notre système économique tourne autour de l’achat et l’accumulation en continu. Des besoins infinis dans un monde aux ressources limitées. Cette tendance sera ensuite renforcée par l’avènement de la mondialisation.

Notez bien que nous parlons d’un système qui est en place depuis moins d’un siècle. Le système économique a déjà changé de façon significative au cours de l'histoire, et continuera de changer.

Les conséquences de la surconsommation

La surconsommation constitue une utilisation déraisonnable et non justifiée de ressources limitées. Ce qui est clairement problématique dans un contexte de crise environnementale!

Chaque bien fabriqué a des impacts socio-environnementaux tout au long de son cycle de vie. C’est une réalité à laquelle nous ne pensons pas toujours lorsqu’on voit un objet en magasin, ou même quand on s’en débarrasse. Mais une prise de conscience sur le cycle de vie des produits est essentielle, car en plus de la pollution associée à sa fabrication, sa distribution, son utilisation et son élimination, chaque produit requiert l’extraction de matières premières. Que ce soit du pétrole, du bois, du métal ou du coton, l’extraction de matières premières entraîne bien souvent la perturbation des habitats naturels et des espèces qui y vivent.

L’exemple simple, mais concret d’un autre t-shirt de coton (dont, on s’entend, on a rarement réellement besoin) :

  • Matières premières : destruction d’un habitat naturel pour faire place à un champ de coton, eau et pesticides pour la culture, conditions difficiles pour les travailleurs ;

  • Fabrication : GES émis pour la transformation, produits chimiques (teinture), impacts sociaux (mauvaises conditions de travail, salaire faible, lieu de travail dangereux, etc.) ;

  • Distribution et emballage : GES émis pour le transport vers les centres de distribution (qui eux aussi utilisent beaucoup d’énergie) et ensuite les magasins (qui sont souvent très très loin!), ou vers le domicile et en plus les déchets générés par l’emballage ;

  • Utilisation : eau pour le lavage et énergie pour le séchage ;

  • Fin de vie : Tout ça pour éventuellement finir à la décharge!

Il faut noter que les impacts sociaux et sur la santé, tels que les mauvaises conditions de travail, les salaires faibles, les lieux de travail dangereux, etc. sont des enjeux présents à travers toutes les étapes.

Le prix payé pour ce t-shirt ne couvre pas le coût de tous les effets énumérés.

🌎 Connaissez-vous le jour du dépassement?

C’est la date de l’année à laquelle l’Humanité a consommé toutes les ressources que la Terre peut fournir durant l’année. Il y a une date mondiale et une date différente pour chaque pays, mais cette date arrive plus tôt à chaque année. Si toutes les personnes sur Terre consommaient autant que les Canadien(ne)s, il faudrait les ressources de cinq planètes comme la nôtre pour répondre à nos besoins.

Un système économique et des pressions sociales qui poussent à la surconsommation

C’est facile d’être emporté(e) par la surconsommation, car elle est largement encouragée par la façon dont notre société et notre système économique sont organisés, et relayée par des pratiques publicitaires ultra puissantes!

Autrement dit, la société valorise la consommation et le système économique est construit pour la favoriser.

Continuons avec notre exemple du t-shirt. Les magasins de vêtements nous attirent à grand coup de prix alléchants, de rabais, de super ventes et de publicité. Ils s’assurent d’avoir des étals toujours bien remplis avec un stock renouvelé toutes les semaines. Les tissus utilisés sont souvent de piètre qualité et se détériorent rapidement rendant la réparation parfois impossible et l’achat de vêtements plus fréquents.

La publicité, quant à elle, fixe les normes auxquelles aspirer de façon hyper efficace. Elle nous encourage à suivre les dernières tendances, reflet de notre statut social et de notre réussite. Et ça ne s’arrête pas là : en plus de la garde-robe tendance, la publicité et la société nous font croire qu’il faut une grande maison, une belle voiture et des gadgets derniers cris!

C’est quoi la déconsommation?

Ouf! Ok, s’il vous reste encore de l’énergie après avoir lu sur les causes et conséquences de la surconsommation, nous arrivons maintenant à une solution : la déconsommation. La déconsommation est une solution qui se met en place à la fois à l’échelle individuelle et collective. La déconsommation, c’est consommer moins de biens matériels en général. C'est se questionner sur ses réels besoins et laisser tomber le superflu. Ce n’est pas évident, car la déconsommation entraîne aussi une déconstruction de nos normes sociales et de nos priorités économiques. Elle nécessite la redéfinition de tout un système de valeurs et la transformation de notre relation au vivant pour pouvoir mener à une transition sociale et écologique juste. De gros changements systémiques sont nécessaires.

Pourquoi réduire sa consommation?

La déconsommation permet de diminuer son empreinte environnementale et ses dépenses. Dans un contexte où le coût de la vie ne cesse d’augmenter et que l’endettement des ménages devient de plus en plus élevé et fréquent, la déconsommation peut être une solution payante.

Concrètement, c'est :

Avoir un rapport plus sain à la consommation matérielle

- Retourner à l’essentiel en refusant l’idée que l’accumulation de biens améliore sa qualité de vie

- Refuser d’acheter ou de recevoir des biens dont nous n’avons pas besoin

- Privilégier les expériences plutôt que les objets

- Valoriser (utiliser, entretenir, réparer) les biens matériels déjà fabriqués

- Lorsqu’un nouvel achat devient nécessaire, s’assurer que le bien est durable en s’inspirant de cet adage : moins et mieux

Tendre vers un mode de vie plus équilibré

- Revoir ses priorités pour consacrer davantage de temps à ce qui nous fait plaisir (temps avec ses proches, sport, arts, détente, etc.)

- Privilégier les loisirs productifs qui soutiennent des modes de vie moins énergivores (vélo, théâtre, randonnée, lecture, etc.)

- Réfléchir à la place qu’occupe le travail dans la société et dans notre vie

- Apprendre à ralentir pour savourer le moment présent

Participer à sa communauté et bénéficier des services offerts

- Participer à l’économie de partage en utilisant des services collectifs de location comme les bibliothèques ou encore les banques d’emprunt d’outils, de jouets, de vêtements, etc.

- Échanger des biens avec son entourage (collègues, amis, voisins, famille)

- Soutenir les activités qui favorisent la production domestique et collective ainsi que l’autosuffisance (jardinage, cuisine collective, bricolage, ménage, couture, etc.)

- Soutenir d’autres types d’activités hors-marché essentielles, comme le bénévolat ou les soins.

S’inspirer de la nature

- Se coller davantage au rythme dicté par la nature pour respecter les limites planétaires (et les nôtres)

- Réserver une part de son temps à des activités qui rapproche de la nature et enseigner aux enfants à faire de même

- S’inspirer de la relation que de nombreux peuples autochtones entretiennent avec la planète.

La déconsommation nous amène aussi à prioriser les relations humaines et à bâtir des communautés plus vivantes et résilientes.

🌎 Le saviez-vous?

Le Canada est un champion en matière de cartes de crédit. Seulement un adulte sur cinq ne possède pas de carte de crédit au pays. Les dépenses par carte de crédit atteignent des sommets et plusieurs candien(enne)s subissent un stress financier important.

Comment réussir la transition de la surconsommation à la déconsommation?

En tant qu’individu, la première action concrète qu’on peut faire est de freiner notre consommation en se questionnant avant de se procurer un bien. Cela dit, rien ne sert de culpabiliser au moindre achat! Réduire sa consommation peut sembler difficile aux premiers abords puisque les normes sociales actuelles valorisent la surconsommation. De plus, il faut garder en tête que si les grandes entreprises dépensent des millions de dollars par année pour de la publicité, c’est bien parce qu’elle fonctionne! Il y a tout de même une foule de comportements qu’il est possible d’adopter pour réduire notre consommation, que ce soit au niveau de l’alimentation, du transport ou de sa garde-robe.

Voir notre guide sur comment tendre vers la déconsommation.

Le rôle important de nos gouvernements

Nous avons le pouvoir comme citoyens et citoyennes de pousser pour un changement de paradigme et des changements de notre système économique. On peut y arriver si on peut montrer la volonté de la population. Nous pouvons demander aux gouvernements de mettre en place des lois qui encadrent la consommation et des politiques publiques qui contribuent à une transition vers une société moins axée sur la consommation, tels que :

  • Bannir les objets à usage unique ;

  • Exiger des normes de réparabilité plus élevée pour faire face à l'obsolescence ;

  • Mieux encadrer la publicité et les stratégies de marketing ;

  • Limiter le crédit;

  • Protéger les milieux naturels.

Ensemble, nous pouvons réussir ces gros changements systémiques, au profit de notre société et de notre environnement.

Exigeons des biens durables et réparables!

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