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Comment la pandémie affecte(ra) la mobilité : des craintes, des enjeux...et des solutions!

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 Par Jessie Pelchat

La crise que nous vivons soulève de nombreux enjeux en transport. C’est pourquoi Équiterre et ses membres travaillent très fort pour maintenir la pression et offrir des solutions concrètes au gouvernement afin de conserver nos acquis en mobilité durable.

Comment pouvons-nous transformer les nouvelles négatives en positives et comment profiter des avancées pour certains modes de transport pour rendre nos systèmes plus résilients dans l’avenir? Laissez-moi vous aider à y voir plus clair…

Une nouvelle positive
Le transport actif plus populaire que jamais!

Commençons d’abord par la bonne nouvelle: si nous avons une chose à gagner en transport dans le contexte actuel, c’est la rétention des nouveaux adeptes de vélo, marche et jogging!

La solution d’Équiterre:

Une façon pour y arriver est de maintenir la pression auprès des autorités pour réallouer l’espace dédié aux véhicules vers des infrastructures de transports actifs (piétons, cyclistes).

Ce qui est d’autant plus encourageant, c’est que plusieurs municipalités ont déjà annoncé un éventail d'initiatives et de projets pour y parvenir.

Donnons-leur raison de mettre en oeuvre ces initiatives et profitez-en pour ressortir votre vélo, si ce n’était pas déjà fait!

Une mauvaise nouvelle pour le climat
La chute vertigineuse du prix de l’essence

Nous savons que le prix de l’essence est intimement lié au type de véhicule que les gens achètent et au nombre de kilomètres qu’ils vont parcourir. Plus le prix est faible, plus on achète des véhicules imposants et énergivores...et plus ils rouleront.

La tendance était déjà remarquée avec un prix au litre à 1,20 $ par chez nous (un prix relativement faible si on le compare à d’autres pays d’Europe par exemple), donc à moins de 0,90 $ le litre comme on le voit depuis peu, on peut s’attendre à ce que les ventes de «gros chars» et l’augmentation des kilomètres parcourus se poursuivent après le confinement.

La solution d’Équiterre:

Nous réfléchissons aux impacts potentiels de la chute du prix de l’essence et d’une prolongation de bas prix sur l’atteinte des grandes cibles mobilité durable au Québec et évidemment, sur les interventions gouvernementales nécessaires pour corriger ces impacts

Un enjeu de taille
L’électrification des transports potentiellement affectée

Est-ce que le faible prix de l’essence pourrait aussi avoir un impact négatif sur les ventes de véhicules électriques? La question se pose. Pour ce qui est des véhicules personnels, le maintien du rabais à l’achat dans les prochaines années sera nécessaire pour maintenir compétitif le véhicule électrique par rapport au véhicule à essence. Toutefois, ce programme est coûteux et nous avançons des solutions pour le rendre plus efficace.

La solution d’Équiterre:

Équiterre est d’avis que la création d’un fonds autofinancé par un système de redevance-remise serait à la fois efficace et ambitieux. Le principe est simple : lors de l’achat d’un véhicule, à l’aide d’une remise, on incite financièrement les Québécois.es à choisir un véhicule zéro émission (VZE), puis on finance cette subvention en instaurant une contribution à l’électrification des transports (redevance) pour les propriétaires de véhicules énergivores et polluants. Il s’agirait donc d’un fonds autofinancé sans impact négatif sur l’économie.

À surveiller...
Sauver l’industrie automobile? Pas à n’importe quel prix!

La crise économique de 2008 est riche en enseignements à ce sujet et nous aurions tout intérêt à nous remémorer ce passé pas si lointain pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Avant d’aider ce secteur, pourquoi ne pas établir des conditions liées à l’atteinte de nos objectifs climatiques ou à la transition énergétique?

Question de vous donner un peu de contexte: notre industrie automobile au Canada est en déclin depuis plus de 20 ans, et ce, notamment dû au fait que les installations manufacturières ont été délocalisées au Mexique et au États-Unis.

En plus, le Canada traîne de la patte dans la transition mondiale pour ce qui est de la fabrication de véhicules électriques. Voilà autant de raisons qui font que notre industrie se fragilise. De récentes études nous démontrent que la transition vers la fabrication de véhicule électriques est une des solutions pour assurer la prospérité de ce secteur et pour qu’il maintienne une place à l’échelle mondiale.

Il faut aussi savoir que 80% des véhicules qui sont fabriqués dans une région sont vendus dans ce même pays, simplement pour des questions de coût de transport des véhicules. Pour encourager les constructeurs automobile à fabriquer des véhicules électriques au Canada, la meilleure chose à faire est de stimuler la demande domestique pour ces véhicules.

La solution d’Équiterre:

Nous travaillons entre autres avec des partenaires partout au pays afin d’inciter les gouvernements fédéral et provincial à mettre en place des politiques ambitieuses pour accélérer l’électrification des transports légers et du transport lourd. Ces mesures s’attardent tant à stimuler l’offre chez les manufacturiers qu’à stimuler la demande chez les consommateurs.

Une source d’inquiétude
Nos transports collectifs mis à mal

Crise sanitaire oblige, l’achalandage en transports collectifs a diminué de 50 à 95% dans la plupart des grandes villes dans le monde. Les sociétés de transport sont en mode gestion de crise car leurs revenus ont fondu comme neige au soleil. Elles dépensent aussi plus de ressources pour désinfecter les bus, les métros et les trains et assurer le respect des mesures de distanciation.

Nous pouvons donc, et avec raison nous inquiéter de l’achalandage du transport collectif dans un monde post-COVID-19. La peur d’être en contact avec d’autres personnes, aussi justifiable soit-elle, sera un enjeu majeur auquel ce secteur sera confronté pendant les mois, voire les années qui suivront le déconfinement.

Ma principale inquiétude (j’espère que je me trompe), c’est qu’une certaine peur des transports collectifs s’installe et que nous assistions à une recrudescence des ventes de véhicules et de leur utilisation par des individus qui prenaient auparavant l’autobus ou le métro.

La solution d’Équiterre:

Nos demandes à cet effet sont simples.

D’une part, offrir une aide d’urgence aux sociétés de transport pour qu’elles puissent garder la tête hors de l’eau à court terme et de maintenir une offre de services et les conditions sanitaires adéquates pour les travailleurs, notamment des services essentiels, qui doivent se déplacer.

D’autre part, dans un contexte de reconstruction économique, des milliards de dollars seront injectés dans l’économie. C’est donc un moment parfaitement choisi pour lancer plusieurs chantiers d'infrastructure de transport collectif et de favoriser l’entretien des routes plutôt que d’augmenter la capacité routière.

Quelques statistiques pour y réfléchir…

Les projets d’infrastructure en transport collectif génèrent plus d’emploi que d’autres investissements en transports. Une étude des effets du dernier grand stimulus économique aux États-Unis, a révélé que les investissements dans le transport collectif ont généré 31% d'emplois en plus par dollar investi que la construction de nouvelles routes et ponts. Ce n’est pas rien.

Investir en transport collectif, c’est donc aussi un peu investir dans son économie locale.

À suivre...
Le transport de marchandises en pleine ébullition

Le commerce électronique et la livraison à domicile augmentent à un rythme élevé avant la pandémie et la demande a explosé lors des dernières semaines. Le contexte actuel pourrait bien cristalliser des comportements de consommation chez de nombreux individus et entraîner son lot de conséquences néfastes mais pourrait aussi être bénéfique pour le commerce local.

La solution d’Équiterre:

Nous évaluons présentement comment nous investir davantage sur la question en partenariat avec d’autres groupes environnementaux. La grande question qui nous anime: comment pouvons-nous favoriser et soutenir le commerce local tout en diminuant les impacts du transport de marchandises sur l’environnement, la santé publique et la qualité de vie?

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