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Québec à la croisée des chemins pour un avenir vert

Actu - Exploitation du pétrole au Québec

Ce matin a été diffusé un « Manifeste pour tirer collectivement profit de notre pétrole », signé par onze personnalités dont Bernard Landry, Monique Jérôme-Forget et le président du Conseil du patronat du Québec Yves-Thomas Dorval.
Une sortie qui ne surprend pas Équiterre, toutes ces personnalités s’étant déjà prononcées en faveur de l’exploitation de cette énergie fossile.

Ce qui est plus inquiétant toutefois, c’est de voir que le gouvernement du Québec semble vouloir à tout prix exploiter le pétrole (notamment sur l’île d’Anticosti, le banc des Américains en Gaspésie et dans le golfe du Saint-Laurent), alors que le gouvernement du Canada songe à faire du banc des Américains une zone protégée. Le monde à l’envers!

« Rappelons que le pétrole visé par cette exploitation est un pétrole de schiste, donc non-conventionnel », explique Steven Guilbeault, directeur principal d’Équiterre. « Sachant que le gouvernement du Québec a dit non à l’exploitation du gaz de schiste au Québec et que les risques et coûts technologiques et environnementaux risquent d'être très semblables, c’est à n’y rien comprendre. Le ratio coûts-bénéfices d’une telle exploitation est infiniment marginal », ajoute-t-il.

L’argument selon lequel l’exploitation du pétrole enrichira le Québec a le dos large, mais il n’est pas si évident que la manne tombera sur le Québec avec l’exploitation du pétrole. « L’eau, avec l’hydroélectricité, procure des retombées tangibles au Québec, les forêts, ça depend des années, les mines, pas du tout. Les promoteurs de cette industrie affirment vouloir des règles environnementales strictes et qu'il y aura des redevances importantes pour les Québécois; or, le débat sur le projet de loi sur les mines nous a démontré tout le contraire », poursuit Steven Guilbeault. Pour le pétrole, tout reste encore à prouver.

Le développement durable impose des choix

Une chose est sûre, le gouvernement ne peut investir partout à la fois : dans le pétrole, l’électrification des transports et les énergies vertes, en plus d’espèrer atteindre les ambitieux objectifs de réduction des GES qu’il s’est fixés pour 2020. « Si on va de l'avant avec le pétrole, ça va alourdir le bilan de nos émissions de GES... à qui imposerons-nous des efforts supplémentaires? Aux alumineries, au secteur des mines, des pâtes et papiers? », dit-il.

Dans les faits, la consommation de pétrole diminue au Québec et en Amérique du Nord. De plus, le marché du carbone 2015 fera entrer 1 milliard de dollars dans les coffres de l’État québécois.

L’heure est aux choix et selon M. Guilbeault: « Nous sommes loin du jour où ce milliard de dollars proviendra de l’industrie pétrolière ».

Voyons ce que la supposée vision de nos décideurs pour un avenir vert et durable leur dictera.