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Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles : saisir l’opportunité de sortir l’agriculture québécoise de la dépendance aux pesticides

 

Équiterre présente ses 21 recommandations à la CAPERN

Québec, le lundi 23 septembre 2019 - Équiterre présente aujourd’hui son mémoire Surutilisation des pesticides : l’opportunité de sortir de la dépendance aux pesticides en agriculture au Québec aux parlementaires de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles (CAPERN).

Indépendance de agronomes et de la recherche et soutien aux agricultueurs

Équiterre travaille depuis plusieurs années pour une transition vers une agriculture moins dépendante des pesticides de synthèse. L’organisme participera de près aux travaux et aux débats entourant cette commission. Pour Équiterre, un réel virage agricole pour sortir de la dépendance aux pesticides de synthèse commande de :

  • s’assurer de l’indépendance des agronomes qui conseillent les agriculteurs
  • veiller à ce que la recherche scientifique soit indépendante de l’influence de l’industrie des pesticides et sans conflits d’intérêt, et
  • modifier les programmes de soutien agricoles – dont prioritairement les programmes d’assurance agricole - pour encourager la réduction des pesticides et favoriser les pratiques d’agriculture régénératrice des sols.

« Les recommandations d’Équiterre vont dans le même sens que le récent rapport du GIEC sur la gestion des sols qui montre que l'agriculture peut faire partie de la solution à la crise climatique », indique Nadine Bachand, biologiste et experte en pesticides et produits toxiques chez Équiterre.

Des recommandations pour amorcer une réelle transition

Le mémoire contient 21 recommandations. Certaines s’adressent au MAPAQ, au ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC), à l’Ordre des agronomes (OAQ) ou plus généralement au gouvernement du Québec. Parmi celles-ci :

  • Que l’Ordre des agronomes (OAQ) s’assure de séparer les activités de vente de pesticides des activités de transfert de connaissance et de conseil
  • Que le MAPAQ finance à 100 % le programme de services-conseils indépendants auprès des producteurs agricoles
  • Que le MAPAQ cesse de financer des recherches qui ne sont pas à 100 % indépendantes de l’industrie de la fabrication ou de la vente de pesticides et engrais de synthèse et exige la complète transparence de protocoles, données, résultats de ces recherches financées au public.
  • Que le MELCC crée un registre informatisé transparent et public pour suivre les pesticides prescrits et utilisés sur les fermes pour rendre possible la recherche sur la santé humaine et environnementale
  • Que le MELCC effectue des inspections inopinées, pour s’assurer que le pesticide a été utilisé tel que prescrit.
  • Que le MELCC adopte des objectifs de réduction graduels des herbicides à base de glyphosate jusqu’à leur élimination dans cinq ans.
  • Que le gouvernement, de concert avec les universités et collèges, intègre une formation approfondie des techniciens et des agronomes sur la lutte intégrée, les pratiques de régénération des sols ainsi que les risques des pesticides pour la santé et l’environnement.
  • Que le gouvernement du Québec adapte les programmes d’assurance agricole afin de favoriser les pratiques agroenvironnementales et d’agriculture régénératrice des sols, et qu'il mette en place des mesures d’écofiscalité ainsi que l’écoconditionnalité des aides.

Réduire les pesticides : rentable, productif et pour l’intérêt public

« Étude après étude, même ici au Québec, il est démontré que les agriculteurs peuvent réduire significativement les pesticides sans réduire leurs revenus ou les rendements de leurs récoltes » souligne Nadine Bachand, auteure principale du mémoire d'Équiterre abordant ces avenues de rentabilité et productivité.

Équiterre a demandé publiquement au printemps dernier, en partenariat avec l’Union des producteurs agricole (UPA), que la CAPERN se penche sur le dossier des pesticides. « La santé des agriculteurs et de notre environnement constitue un enjeu fondamental pour nos organisations. Le gouvernement et ses gestionnaires au sein du MELCC et du MAPAQ doivent assumer la responsabilité de veiller à la défense de l’intérêt public, de protéger adéquatement les écosystèmes et la population québécoise » indique Colleen Thorpe, directrice générale d’Équiterre. « Les solutions en agriculture existent. Elle sont connues et surtout à notre portée. Il n’y a plus de raisons d'attendre » conclut-elle.

Dossier d’actualité et historique du dossier sur le site d’Équiterre :

www.equiterre.org/capern

Équiterre et son action en agriculture durable et lutte aux pesticides :

Équiterre est engagé depuis plus de 25 ans à l’avènement d’une agriculture plus durable et a fondé le plus grand réseau de fermiers de famille au monde. L’organisme est impliqué dans la lutte aux pesticides depuis plus d’une décennie à la fois sur les scènes québécoise et fédérale.

Équiterre mène des projets terrain, des recherches, mobilise les acteurs agricoles, les citoyens, les experts et les élus et propose des solutions concrètes en matière de pratiques agricoles et de politiques publiques innovantes. L’organisme a notamment participé aux travaux de la Commission Pronovost sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois en 2008, de la révision du Code de gestion des pesticides et de la Politique bioalimentaire 2018-2025.

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Pour plus d’information et organiser une entrevue :

Camille Gagné-Raynauld
Relations médias, Équiterre
514-605-2000 | cgraynauld@equiterre.org
 

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