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Actualité  •  3 min

100% des véhicules vendus en 2035 seront électriques: comment y arriver?

Publié le 

Le Canada s’est engagé à mettre fin à la vente des véhicules à essence neufs d’ici 2035 et avec une cible intermédiaire que 50 % soit zéro émission d'ici 2030. Mais en 2021, seulement 5 % des ventes étaient des véhicules zéro émission. Bien que nous allons dans la bonne direction, pouvons-nous atteindre les cibles fixées par le gouvernement fédéral dans les délais prescrits?

Une récente étude commandée par Équiterre indique que nous sommes loin d’atteindre ces objectifs. Comment pouvons-nous rectifier le tir? Quelles solutions politiques s’offrent à nous? On vous explique les enjeux et nos recommandations.

Pourquoi ces cibles sont-elles importantes?

Les cibles de ventes de véhicules électriques sont intimement liées à l’atteinte de nos cibles climatiques quand on sait que le secteur des transports est responsable de près de 45 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec et de 25 % au Canada.

Le secteur des transports est aussi l’un des rares dont les émissions de GES sont toujours en augmentation, notamment en raison de notre préférence croissante pour les modèles de véhicules les plus lourds et les plus énergivores. À l’heure actuelle, cette tendance arrive même à contrecarrer tous les gains énergétiques liés à l’électrification des transports!

Pourquoi les ventes de voitures électriques n'augmentent-elles pas assez rapidement?

Alors que la demande croît de plus en plus rapidement, l’offre, elle, ne suit pas.

Selon une récente étude de Dunsky Énergie + Climat, la majorité des concessionnaires automobiles canadiens n’a malheureusement aucun véhicule zéro émission (VZE) en inventaire et le temps d’attente pour en obtenir un se situe autour de 3 à 6 mois. En plus, la quantité de modèles de véhicules électriques qui existent actuellement sur le marché ne permet pas de répondre à tous les besoins de la clientèle.

Donc même si la volonté est là, la population canadienne doit se retourner vers les modèles à essence. Ce qui est encore plus problématique considérant l'appétit pour les modèles plus lourds et les plus énergivores, souvent mis de l'avant par l'industrie automobile.

Chaque véhicule à essence additionnel sur les routes du Canada entraîne des émissions de GES additionnelles et une série d’autres impacts environnementaux et socio-économiques pour au moins 10 ans.

Andréanne Brazeau

Analyste politique en mobilité durable, Équiterre

La solution d'Équiterre: une norme VZE à l'échelle du Canada

Au cœur de la stratégie proposée par Équiterre pour accélérer l’adoption de VZE au pays, une norme VZE permettrait de réduire les temps d’attente en augmentant le nombre de VZE disponibles à travers le Canada.

La norme VZE

La norme VZE que recommande Équiterre imposerait aux concessionnaires un certain quota de vente de voitures électriques sur une base annuelle et des pénalités financières s'appliqueraient lorsque le nombre requis ne serait pas respecté. La part de vente de VZE exigée augmenterait chaque année à partir de 2024 et permettrait donc d’assurer l’atteinte des cibles de 2030 et 2035.

Une norme VZE s’inscrit comme une solution toute désignée, puisqu’elle a déjà fait ses preuves au sein même du Canada. Le Québec et la Colombie-Britannique ont déjà une norme VZE et détiennent presque exclusivement l’offre de VZE au pays. En 2021, le Québec, ayant les politiques les plus favorables à l’adoption de VZE, détenait 57 % de l’offre de VZE à lui seul.

Voitures électriques disponibles à l'achat pour 100 000 habitant.e.s, par province.

Les autres solutions proposées par Équiterre pour y arriver

Dans le cadre de la consultation sur les VZE du gouvernement fédéral en décembre 2021 et janvier 2022, Équiterre a soumis ses recommandations (en anglais seulement) qui comprennent, en plus d’une norme VZE suffisamment ambitieuse:

  • L’interdiction de la publicité des véhicules à essence neufs d’ici 2025;
  • L’adoption d’un système de redevance-remise basé sur les émissions de GES des véhicules : imposer des frais à l’achat de véhicules lourds et énergivores pour financer les subventions à l’achat d’un VZE;
  • L’ancrage dans la loi de l’interdiction de vendre ou louer des véhicules à essence neufs en 2035;
  • L’accélération du déploiement du réseau de recharge public et l'accès à la recharge à domicile;
  • L’ajustement des incitatifs à l’achat d’un véhicule électrique en fonction du revenu des ménages et des véhicules électriques usagés éligibles;
  • L’augmentation des investissements dans les transports en commun et le transport actif.

Contribuez: signez la pétition pour mieux encadrer la publicité d'automobile à essence

La majorité des investissements en publicité vont encore vers les véhicules à essence, alors qu’ils représentent la principale cause de la hausse des émissions de GES du secteur des transports au Canada. Exiger du gouvernement une réforme du cadre publicitaire, c’est faire un pas de plus vers l’atteinte de nos cibles.

Si l’élimination progressive des véhicules à essence s’impose comme une solution incontournable pour réduire les émissions de GES, il faut toutefois se rappeler que réduire le nombre de véhicules sur nos routes et leur taille est primordial pour répondre aux enjeux tels que la congestion routière et la sécurité de nos milieux de vie.