Publié le
Montréal, le 22 octobre 2026 – Équiterre dénonce le report à 2029 du resserrement des normes d’émissions des véhicules légers et l’octroi de 2,5 milliards de dollars de fonds publics aux constructeurs automobiles à essence. En renonçant à exiger des véhicules moins polluants tout en soutenant financièrement les fabricants qui tardent à prendre le virage électrique, Ottawa prolonge la dépendance des ménages aux produits pétroliers et compromet leur accès à des véhicules électriques abordables.
Ce recul va à contre-courant de l’opinion publique : selon un récent sondage Léger-Équiterre, 43 % des Canadien(ne)s s’opposent à l’abandon des politiques d’électrification pour faire face à la guerre commerciale, contre seulement 32 % qui y sont favorables. Il s’ajoute à l’abandon cet été de la réglementation qui imposait aux constructeurs une proportion minimale de ventes de véhicules zéro émission.
« Le message envoyé aux géants de l’automobile est clair : vous pouvez retarder l’électrification sans conséquence et quand même recevoir des milliards de dollars de fonds publics. Pendant ce temps, les ménages restent à la merci de l’inflation du prix à la pompe. Le gouvernement prétend défendre notre pouvoir d’achat, mais il affaiblit plutôt les règles qui leur permettraient de réduire leur facture de transport », déclare Blandine Sebileau, analyste en mobilité durable chez Équiterre.
Des promesses rompues et une prime aux retardataires
Ottawa s’était engagé à réviser et à resserrer les normes d’émissions dès 2026. En reportant leur resserrement à 2029, le gouvernement accorde un nouveau sursis aux constructeurs, au détriment de l’accès à des véhicules moins polluants. Les 2,5 milliards de dollars annoncés doivent servir à accélérer l’inévitable électrification, plutôt qu’à récompenser ceux qui tardent à s’y engager.
« L’argent public doit servir à faire avancer la transition. Chaque milliard versé aux constructeurs devrait s’accompagner d’exigences claires pour rendre les véhicules électriques plus accessibles. Mark Carney doit respecter ses engagements et resserrer la réglementation dès maintenant, avec des pénalités qui rendent les retards coûteux pour les fabricants, plutôt que pour les ménages », souligne Blandine Sebileau.
Produire de l’électricité propre doit aussi servir à sortir du pétrole
Équiterre souligne l’incohérence entre les ambitions fédérales en matière d’électricité propre et ce nouveau recul sur l’électrification des transports. Soutenir des projets comme l’expansion de Churchill Falls doit aller de pair avec des mesures permettant aux ménages de remplacer l’essence par cette électricité.
Sans exigences contraignantes pour les constructeurs, Ottawa se prive d’un levier essentiel pour accroître l’offre de véhicules électriques et favoriser des prix plus accessibles. Équiterre demande au gouvernement de maintenir le cap sur l’électrification : resserrer les normes dès 2026, prévoir des pénalités dissuasives et lier les aides publiques à des engagements mesurables des constructeurs.
Pour plus d'information :
Responsable des relations médias

