Aller à la navigation Aller au contenu

Communiqué de presse  •  5 min

COP27: Le Québec doit rattraper son retard grandissant

Publié le 

CHARM EL-CHEIKH, ÉGYPTE, 4 novembre 2022 - Quelques jours avant l’ouverture de la COP27 à Charm el-Cheikh en Égypte, des groupes de la société civile québécoise exhortent le gouvernement de François Legault à rattraper son retard grandissant.

La COP27 ne doit pas se limiter à la conclusion d’ententes d’affaires. La justice climatique sera au cœur de cette COP, où le rehaussement de l’ambition contribue à l’atteinte des droits humains pour tous.te.s. Les actions du gouvernement devront être conséquentes et s’élever au-delà. Alors que les États ont pour la plupart soumis de nouveaux plans climatiques à la COP26, le Québec s’y est présenté les mains vides. Si le Québec souhaite être à la hauteur de son titre auto-proclamé de leader climatique durant la COP27, il doit rattraper son retard et faire sa juste part de l’effort climatique mondial pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C. Si le choix de l’hydroélectricité dans les années 60 à 80 fait du Québec un faible émetteur en Amérique du Nord, ses émissions demeurent nettement disproportionnées pour prévenir les pires effets de la crise climatique à l’échelle mondiale. En faire abstraction est irresponsable.

Alors que le plus récent rapport de synthèse des Nations Unies démontre que le monde se dirige vers un dangereux réchauffement de 2,5°C, une étude scientifique établit que la cible du Québec est insuffisante. En effet, la juste part du Québec s’élève à une réduction des émissions de 178% sous les niveaux de 1990 d’ici 2030. Le Québec doit donc augmenter sa cible domestique à au moins 65% sous les niveaux de 1990 d’ici 2030. Pendant la COP27, le Québec doit aussi annoncer de nouvelles mesures pour réduire significativement les émissions de GES et bonifier son Plan pour une économie verte (PEV) qui permet d’atteindre à peine 51% de la cible actuelle du Québec pour 2030. Le gouvernement du Québec doit proposer une stratégie nationale d’adaptation et lancer le dialogue afin de convenir d’un Pacte vert permettant d’améliorer les capacités des villes à faire face aux changements climatiques. En plus de continuer de financer l’adaptation à l’extérieur de ses frontières, il devrait suivre les pas de l’Écosse et annoncer à la COP27 sa contribution au financement des pertes et préjudices auprès des pays du Sud. Il devrait également assumer plus ambitieusement son membership de l’Alliance Beyond Oil and Gas et repousser tout discours visant à positionner les fossiles, plus particulièrement le gaz, comme étant des solutions à la crise énergétique.

Les groupes demandent également que l’inventaire des émissions de GES pour le Québec pour l’année 2020 soit publié pendant la COP27. Ils rappellent l’importance d’une plus grande transparence en temps réel de la part du gouvernement, et ce, autant pour les mesures de réduction des émissions des GES que pour l’inventaire des émissions.

À peine quinze jours après la COP27, les négociations internationales environnementales se poursuivront à Montréal, lors de la COP15 sur la biodiversité. Le déroulement de ces deux grandes COP des Nations Unies à un mois d’intervalle l’une de l’autre représente une occasion sans précédent de lier les réponses que nous devons apporter aux deux crises, que le Québec doit ne pas manquer. Pour ce faire, il doit annoncer à Charm el-Cheikh son plan pour intégrer systématiquement la protection de la biodiversité à toutes les étapes de la planification territoriale en y incluant au minimum les cibles de 30 % du territoire protégé et des cibles spécifiques au sud du Québec, le tout de concert avec les peuples autochtones.

Citations

Caroline Brouillette, directrice des politiques nationales, Réseau action climat Canada:

« La COP27 sera la première du nouveau gouvernement Legault, et une occasion d’évaluer le sérieux de la direction climatique de son mandat. Est-ce que le Québec sera un membre actif et vocal de l’Alliance Beyond Oil and Gas, ou bien succombera-t-il aux chants des sirènes gazières?

« Pour un climat où la santé, les droits et l’économie sont protégés, la réponse est claire. Les grands émetteurs du Nord doivent faire leur juste part à la limitation de la température à 1,5°C, et le Québec est en retard. Il lui fautrattraper le peloton. »

Émile Boisseau-Bouvier, analyste des politiques climatiques, Équiterre:
« Le Québec devra se présenter avec du nouveau à la COP27 s’il veut réellement être considéré comme un leader. Il n’a pour l’instant qu’un demi plan pour atteindre sa cible, insuffisante, de réduction de GES. Les inondations récentes et Fiona nous rappellent aussi l’urgence d’adopter un plan d’adaptation aux changements climatiques. 0,5 sur 2, ce n’est pas une note de premier de classe. »

Denis Bolduc, secrétaire général de la Fédération de travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ):

« Il est temps que les décideurs se mettent à l’ouvrage. Ce que nos gouvernements nous présentent année après année est en dessous du minimum. C’est assez le placotage, il faut être ambitieux si on veut lutter efficacement contre les changements climatiques et investir dans une transition juste pour les travailleurs et travailleuses. »

Michèle Asselin, directrice générale de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI):

« Le Québec doit faire sa juste part et prendre des mesures concrètes pour favoriser une plus grande justice climatique envers les personnes les plus affectées, en portant une attention particulière vers les populations des pays du Sud, les femmes, les Autochtones, les jeunes, les communautés racisées, les travailleuses et les travailleurs, les personnes LGBTQI2S+, les personnes vivant avec un handicap ou les migrant-e-s climatiques. Il ferait un pas dans ce sens notamment en appuyant une participation accrue de ces groupes à la gouvernance climatique, en rehaussant son action climatique ; en appuyant la création d’un mécanisme de financement pour les pertes et dommages ; en accélérant une transition juste ; et en soutenant les pays du Sud dans cette transition. »

Virginie Gagnon, Agente principale de campagnes, Oxfam-Québec:

« La pollution n’a pas de frontières. Le coût des destructions causées par les tempêtes, sécheresses et inondations accroît les inégalités: les populations pauvres sont les plus touchées, mais elles n’ont pas les moyens financiers pour faire face à ces catastrophes. On ne peut exiger que les pays pauvres paient la facture. Le paiement des pertes et des préjudices liés au climat doit se faire sur la base de la responsabilité, et non de la charité. Les pays riches sont les premiers responsables des changements climatiques et doivent apporter une contribution financière pour les torts qu’ils causent. »

Anne-Céline Guyon, chargée de projet experte climat, Nature Québec:

« Atténuer et s’adapter aux changements climatiques, c’est aussi protéger et restaurer la nature. Alors qu’il accueillera la COP15 sur la biodiversité à Montréal en décembre, le gouvernement du Québec a la responsabilité de participer à lier les enjeux à la COP27. Les réponses à la crise climatique ne doivent pas aggraver celle de la biodiversité. Or, ce serait le cas avec une vision trop affairiste et technocentrique de la transition énergétique.»

Charles Bonhomme, responsable affaires publiques et communications à la Fondation David Suzuki:

« Le gouvernement du Québec adore se comparer pour justifier son inaction en matière de lutte aux changements climatiques. La réalité, c’est que son manque d’ambition le rend incapable d’atteindre ses cibles, qui sont elles-mêmes insuffisantes. Le Québec a tout ce qu’il faut pour être un leader dans la transition socio-écologique et la COP27 doit être le moment de faire preuve de leadership. »

Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie, Greenpeace:

« François Legault est arrivé les mains vides lors de la COP26 l’an dernier ainsi que lors de la dernière campagne électorale. Il devra donc faire preuve de beaucoup plus d’ambition qu’au cours des quatre dernières années s’il souhaite faire oublier son médiocre bilan et mettre le Québec sur la bonne voie en matière de lutte contre la crise climatique. François Legault doit profiter de la COP27 pour annoncer de nouvelles mesures ambitieuses et bonifier son plan d’action climatique qui ne permet d’atteindre que la moitié des réductions de GES nécessaires au respect de la cible du Québec pour 2030, cible qui est insuffisante. »


-30-

Climate Action Network – Réseau action climat (CAN-Rac) Canada est le plus vaste réseau d’organisations travaillant sur les questions liées aux changements climatiques et à l’énergie au Canada. Il s’agit d’une coalition de 140 organisations opérant d’un océan à l’autre. Nos membres rassemblent des groupes environnementaux, des syndicats, des Premières Nations, des organisations de justice sociale, de développement, de santé et de jeunesse, des groupes religieux et des initiatives locales.

Pour plus d’informations ou pour organiser une entrevue avec Équiterre, contactez :

Loujain Kurdi, lkurdi@equiterre.org ; 514-577-6657

Contenus reliés