Montréal, 8 septembre 2025 — Dans un nouveau sondage effectué par la firme Léger pour le compte d’Équiterre concernant la nouvelle loi fédérale Bâtir le Canada (C-5), la population québécoise a exprimé clairement sa préférence : elle souhaite des projets qui bénéficient directement aux collectivités et elle rejette massivement le contournement des lois environnementales.
Les gens veulent des impacts concrets — pas un pipeline
Les personnes sondées ont identifié la bonification des services publics, la protection des collectivités affectées par les phénomènes climatiques extrêmes et les mesures d’adaptation aux changements climatiques comme prioritaires.
Le projet d’intérêt national recevant le moins d’appui? Un pipeline ou un gazoduc.
Depuis que la loi C-5 a été présentée, les promoteurs pétrogaziers salivent à l’idée de faire traverser le territoire canadien avec un gros tuyau pour mettre nos ressources naturelles sur un bateau. Or, c’est la dernière chose que les Québécois(es) veulent (48 %). Le gouvernement fédéral et celui du Québec devront être à l’écoute.
« Les gens veulent des systèmes de détection et des équipements de lutte contre les feux de forêt (83 %), ils veulent protéger leurs villes et villages contre les inondations (78 %), ils veulent construire des logements abordables (80 %), des hôpitaux (77 %) et des écoles (72 %). C’est ça qu’ils privilégient comme projets d’intérêt national parce que ce sont des projets concrets qui vont avoir un impact direct sur leur qualité de vie », explique Marc-André Viau, directeur des relations gouvernementales d’Équiterre.
On ne touche pas à l’environnement
Il serait difficile de ne pas souligner le fort rejet de l’approche gouvernementale visant à contourner les lois environnementales comme celles sur les espèces en péril (61 %), les oiseaux (59 %) ou les poissons (59 %).
« Le message est clair : les gens veulent que ça bouge, mais ils ne veulent pas que le gouvernement fasse n’importe quoi et sacrifie l’environnement au passage », ajoute Marc-André Viau.
Des consultations essentielles
Depuis l’annonce du dépôt de la loi, le gouvernement a choisi de bouger à vitesse grand V en imposant notamment un bâillon à toutes les étapes du processus parlementaire. Le sondage suggère que le gouvernement ne pourra pas esquiver encore longtemps les bonnes pratiques en matière d’acceptabilité sociale.
Selon les personnes sondées, le gouvernement doit tenir compte de l’avis des gouvernements provinciaux (84 %), des populations locales (80 %) et des peuples autochtones (71 %) dans la désignation des projets.
Elles sont aussi majoritairement opposées à l’imposition d’un projet que refuserait un gouvernement provincial (67 %), la population locale (67 %) ou les peuples autochtones (59 %).
« On ne pourra pas continuer longtemps à travailler ce dossier-là derrière des portes closes. Il va falloir, plus tôt que tard, impliquer la population et lui proposer des projets qui l’intéressent », conclut Marc-André Viau.
Les bureaux d’Équiterre sont situés sur les territoires autochtones non cédés par voie de traité que nous appelons de nos jours Montréal et Québec. Nous reconnaissons que les Premiers Peuples protègent leurs territoires depuis des temps immémoriaux et utilisent leurs savoirs traditionnels pour garder les terres et les eaux. Nous sommes reconnaissant(e)s de vivre sur ce territoire et tenons à poursuivre nos efforts pour le protéger. Pour en savoir plus
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