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Une entente historique à Paris

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Voici que s’achève la conférence de Paris après un peu plus de deux semaines de négociations intenses, de nombreuses nuits blanches et des débats et discussions parfois très ardues.

La fin de cette conférence c’est aussi la fin d’un cycle de négociations qui a commencé à Durban en Afrique du Sud en 2011.

Pour ces nombreux observateurs, il s’agit d’une entente historique puisqu’elle enchâsse dans une entente internationale le principe de limiter les augmentations de température bien en deçà de 2 degrés Celsius et même de chercher à atteindre 1,5°C.

Historique parce qu’elle nous mènera vers un monde où les émissions de GES de nature humaine en 2050 seront à peu près nulles et que nous aurons fait la transition vers un monde où 100 % de l’énergie consommée sera de source renouvelable. Le Québec, l’Ontario ainsi que la Californie ont d’ailleurs déjà pris l’engagement de réduire leurs GES de 80 à 95 % d’ici 2050.

Historique parce qu’elle engage l’ensemble des grands émetteurs de gaz à effet de serre à réduire leurs émissions tout en tenant compte de leur capacité respective à le faire. Par exemple, l’Inde émet deux fois plus de GES que le Canada, mais compte 34 fois plus d’habitants et un niveau de pauvreté bien plus élevé que le nôtre. Alors l’un et l’autre s’engagent à réduire leurs émissions, mais le rythme doit tenir compte de ces réalités.

Pour plusieurs, cette entente représente le début de la fin de l’ère du pétrole et du charbon. Anecdote, me direz-vous, mais alors que se terminait la Conférence de Paris, le quotidien canadien The Globe and Mail publiait un article sur les difficultés de l’industrie du charbon dans l’ouest canadien! Ces difficultés seraient attribuables à la baisse de la demande en Chine et à l’impopularité grandissante de la production d’électricité par le charbon, les producteurs canadiens battent de l’aile¹.

Une ombre au tableau; bien que les pays donateurs aient reconfirmé leur aide aux pays en voie de développement, nous ne savons toujours pas comment ils entendent atteindre le montant de 100 milliards $ en 2020, pas plus que nous ne savons quel sera le ratio d’argent public versus d’autres sources de financement ou encore le secteur privé. Oxfam International estime que les besoins en adaptation seront de plus en plus importants au cours des décennies.

Le Canada a joué un rôle constructif dans ces négociations, un signal qui confirme la promesse du Premier ministre que « le Canada est de retour ». L’accent mis sur la limite de réchauffement de 1,5°C et l’inclusion des droits humains et des droits des peuples autochtones est en effet le résultat d’un travail diplomatique efficace mené par le Canada.

Nous devons maintenant tourner notre regard de la scène internationale aux politiques domestiques. Le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a promis un cadre pour une politique canadienne sur le climat d’ici 90 jours lors de la dernière campagne électorale. Les Canadiens ont des attentes élevées, et c’est maintenant au tour du Premier ministre et de toutes les provinces et territoires de bâtir une stratégie canadienne sur le climat qui sera à la hauteur de l’accord de Paris, y compris la vision à long terme pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C.

¹ http://www.theglobeandmail.com/report-on-business/industry-news/energy-and-resources/how-the-collapse-of-coal-is-hitting-home-in-westerncanada/article27731329/