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Opinion  •  2 min

Le métro de Montréal : un legs à préserver, un avenir à construire

Daniel Rotman

Executive Director

Published on 

Le 14 octobre 1966, Montréal inaugurait une infrastructure qui allait marquer durablement son destin : le métro. Fruit de la Révolution tranquille et d’une époque où l’on voyait grand, il est rapidement devenu bien plus qu’un moyen de transport : il s’est vite imposé comme un symbole d’un Montréal ambitieux et tourné vers l’avenir.

Depuis 60 ans, il fait partie du quotidien de millions de personnes. Plus de 11 milliards de passages y ont été enregistrés en six décennies. On le prend chaque jour pour aller à l’école, au travail, faire des sorties comme pour aller voir ses proches. Le « dou dou dou » et le symbole du métro sont des incontournables du paysage montréalais.

Au fil des années, le métro a profondément façonné la métropole. Des quartiers vivants et accessibles ont pris forme le long de ses lignes, contribuant à faire de Montréal, et même de Longueuil et de Laval, ce qu’elles sont aujourd’hui. Il soutient encore plusieurs des atouts qui font sa renommée : sa culture, sa diversité, ses festivals, sa gastronomie, ses universités et sa qualité de vie unique en Amérique du Nord.

Le métro est indissociable de l’histoire du Québec moderne. Comme l’Expo 67, les Jeux olympiques de 1976 ou encore l’UQAM, il est le legs d’un Québec audacieux qui a cru en sa capacité de bâtir l’avenir. Alimentées par notre hydroélectricité, ses voitures de trains ont toutes été réalisées ici. Il fait partie de ces réalisations qui s’inscrivent dans cette ère du « maître chez nous ».

Au-delà de sa valeur symbolique, le métro est une réussite concrète. Avec plus de 800 000 déplacements chaque jour, le métro constitue la colonne vertébrale de la mobilité montréalaise et l’équipement de transport le plus utilisé au Canada. Son achalandage illustre à lui seul la place essentielle qu’il occupe pour que notre grande métropole fonctionne jour après jour.

En plus d’être le moyen de transport le plus efficace pour déplacer un grand nombre de personnes, le métro génère d’importants bénéfices pour les usagers, la collectivité, mais aussi pour l’économie. Il a contribué à l’essor d’entreprises et d’expertises ancrées dans nos régions et reconnues à travers le monde. Peu d’infrastructures publiques offrent un rendement aussi important au quotidien.

Soixante ans, c’est aussi l’âge de la maturité.

Comme plusieurs infrastructures héritées de la Révolution tranquille, le métro doit aujourd’hui composer avec le vieillissement de ses installations. Entretenir et maintenir un tel réseau, c’est évidemment préserver la fiabilité d’un système essentiel à la mobilité montréalaise. Mais c’est aussi se donner l’occasion de l’améliorer, d’en faire croitre les capacités, bref, de le moderniser et d’aider Montréal à continuer d’avancer. D’autres réseaux et villes, tels que Paris, ont démontré qu’on peut réussir à faire rimer modernisation avec ambition.

Nous avons hérité d’un réseau exceptionnel. Nous avons maintenant la responsabilité collective d’en prendre soin.

Pour prendre soin du métro, il faudra non seulement revoir les manières de faire, mais également assurer au réseau un financement stable et suffisant afin qu’il continue de répondre aux besoins des 60 prochaines années.

À l’occasion de son 60e anniversaire, célébrons donc le métro. Célébrer le métro, c’est reconnaître tout ce qu’il a rendu possible. C’est rendre hommage à la vision et à l’audace de toutes les personnes qui y ont contribué, notamment Jean Drapeau, Lucien L’Allier et Lucien Saulnier. En 1966, peu de gens pouvaient imaginer à quel point ce projet transformerait la trame urbaine. Six décennies plus tard, prenons un instant pour imaginer tout ce qu’il pourra encore nous permettre de réaliser au cours des 60 prochaines années.

S’il a contribué à bâtir le Montréal d’aujourd’hui, donnons-lui les moyens de bâtir celui de demain.

Pour que le métro continue de faire avancer Montréal. Pour que Montréal continue de faire avancer le Québec.
 


Lettre signée par :

  • Aref Salem, président du conseil d’administration de la STM
  • Daniel Rotman, directeur général d'Équiterre